La BCE va cesser de faire tourner la planche à billets

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Banque Centrale Européenne (BCE)

Les crises de 2008 et 2011 avaient contraint la Banque Centrale Européenne (BCE) à adapter sa politique économique et monétaire afin de renforcer la structure de l’économie européenne. Sept années plus tard, la zone de turbulence semble désormais passée. C’est du moins ce qui ressort de l’annonce faite le 14 juin par l’institution.

L’aide de la BCE à l’euro désormais conjuguée au passé

Euros
Source : Pxhere

La BCE prévoit en effet mettre un terme à l’ensemble des mesures de soutien à l’économie mises en place. Elle ainsi annoncé la suspension progressive de son programme de rachat de dettes, celui-ci devant être complètement achevé à la fin du mois de décembre.

Quant à ses taux directeurs, ils demeureront inchangés jusqu’à l’été 2019 au moins. Une nouvelle relativement bonne pour les traders et courtiers en ligne pour lesquels l’euro se retrouve au centre de la stratégie de trading.

Que ce soit pour le forex, les actions ou les indices, les différents acteurs du marché devraient pouvoir profiter de cette stabilisation des taux directeurs pour établir des stratégies de trading relativement stables sur le moyen terme.

Un signal positif qui se combine avec un début de juin positif pour la bourse de Paris. De quoi ravir les investisseurs financiers.

Le programme de rachat avait été mis en place par la BCE en 2015 afin de ramener une certaine stabilité au niveau des prix. La zone euro était en effet aux portes de la déflation et il était impératif de la rediriger vers une inflation proche, mais inférieure à 2%. L’ensemble des mesures prises dans ce cadre a baissé le cours de l’euro, le rendant plus accessible et facilitant par la même occasion l’investissement. Le risque de déflation a ainsi été plus ou moins subjugué et l’inflation redynamisée.

Mais alors, pourquoi un tel revirement dans une politique économique et monétaire aussi importante ? Pourquoi arrêter maintenant ?

La croissance est de retour

La réponse de Mario Draghi, président de la BCE, est sans équivoque. L’économie se porte bien mieux, et les efforts réalisés jusque-là en matière d’inflation ont été substantiels. Dix années après l’une des plus grandes crises de notre économie, la croissance est à nouveau de retour. La politique menée par la BCE a grandement contribué au désendettement des différents acteurs. Résultat, l’investissement des entreprises ainsi que la consommation des ménages ont été redynamisés.

Du coup, la croissance au sein de la zone euro est passée de 1,7% en 2016 à 2,5% en 2017. L’inflation est également passée de 0,2% à 1,5% sur la même période.

Selon le patron de la BCE, l’ensemble des signaux est suffisamment au vert pour justifier le retour à la normale de la politique monétaire de l’institution.

Cependant, l’embellie constatée au niveau du marché devrait réduire son allure pour l’exercice 2018. Après avoir révisé sa précédente estimation de 2,4% au mois de mars, la BCE prévoit désormais une croissance de 2,1%. Une situation face à laquelle Mario Draghi s’est voulu serein et rassurant. Certes, les indicateurs semblent plus faibles, mais il ne faut pas s’y méprendre. Selon le numéro 1 de la BCE, ces derniers demeurent cohérents, et cadrent parfaitement avec le scénario de croissance économique généralisée. Une solide croissance bien sûr.

Une croissance de courte durée ?

Malheureusement, les prévisions de la BCE pour les années suivantes annoncent aussi une continuité de la tendance baissière annoncée pour 2018. Un taux de croissance de 1,9% pour 2019, et 1,7% pour l’année suivante. Du fait de la hausse du prix du pétrole, l’inflation quant à elle devrait conserver un niveau sensiblement égal pour les années 2018, 2019 et 2020. La BCE l’estime à 1,7%.

 

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