Economie réelle et finance : Pourquoi cherche t’on toujours à les opposer ?

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C’est un propos qui revient souvent. De nombreux organismes de crédit jouent d’ailleurs sur cette distinction comme argument pour attirer de nouveaux clients. Avec cette promesse de financer l’économie réelle. Mais de quoi parlons nous réellement ? Qu’en est il vraiment ? Avons nous raison de systématiquement opposer l’économie réelle et la finance ? Pouvons nous vraiment considérer que l’économie financière est systématiquement responsable des maux de l’économie réelle ? C’est ce que nous allons voir ensemble !

L’économie réelle, c’est quoi au juste ?

L'économie réelle, c'est quoi au juste ? Il ne saurait exister qu’une seule définition de l’économie réelle. Dans sa définition la plus restrictive, l’économie réelle ne concernerait alors que les échanges marchands. C’est à dire échanger un bien contre une unité de compte comme la monnaie. Dans le cadre de cette première définition, les moyens de financement sont donc exclus et ne rentrent pas dans le cadre de l’économie réelle. Investir en action, contracter un crédit ou encore acquérir des obligations sont donc des éléments à rattacher à la sphère financière.

D’autres acceptations ont une vision plus large de l’économie réelle. Elles ne constituent pas pour autant des définitions de l’économie réelle intrinsèquement meilleures mais simplement différentes. Les moyens de financement de l’économie et de l’appareil productif sont alors rattachés à l’économie réelle. En sont simplement exclus les produits financiers spéculatifs ou encore les produits dérivés. 

La distinction entre économie réelle et financière tient aussi souvent à l’incompréhension du grand public d’un certain nombre d’actifs. La crise financière de 2008 aura permis de présenter aux yeux du monde la complexité de certains produits adossés à d’autres produits eux même dépendant de plusieurs autres tiers.

D’ou vient cette segmentation ?

Le circuit économique permet de mieux comprendre la provenance et la segmentation entre l’économie réelle et l’économie financière. Pour cela, le schéma du circuit économique nous offre une vision simplifiée des échanges et des flux existants entre agents économiques parmi lesquels :

  • Les ménages
  • Les administrations publiques
  • L’état
  • Les banques
  • Les entreprises privées

Isolons au sein de ce circuit économique les échanges entre les ménages et les entreprises privées. Ces deux agents ont des intérêts à priori contradictoires. D’un côté, les ménages qui chercheront à maximiser leur utilité en consommant des biens et de services tout en dépensant le moins possible. Les entreprises chercheront de leurs côtés à maximiser leur satisfaction en obtenant le profit le plus important possible. Dans cet échange entre ces deux agents, il existe alors deux flux : l’un est réel (le service ou le bien acheté), l’autre est financier via l’emploi d’un instrument d’échange : la monnaie. C’est donc de l’existence de ce double flux que provient la segmentation entre économie réelle et économie financière.

Pour les économistes, dans cet exemple très simple, les deux flux se confondent et ne font qu’un. Nous sommes dans l’économie réelle. La monnaie n’est alors qu’un facilitateur d’échanges de biens ou de services réels. Le véritable problème concernant l’économie financiarisée tiendrait alors pour certains lorsque l’on échange de la monnaie contre de la monnaie. C’est par exemple le cas lorsque l’on investit sur le Forex.

Economie réelle et économie financière : deux notions tantôt complémentaires tantôt contradictoires

Economie réelle et économie financière : deux notions tantôt complémentaires tantôt contradictoires 

Pour certains analystes, éloignés de la sphère économique, il y aurait dans la distinction une forme de jugement moral. Une segmentation entre la “bonne économie” (économie réelle) et l’économie irréelle, imperceptible, incompréhensible et impalpable : l’économie financière.

La distinction entre économie réelle et économie financière n’a plus lieu d’être dès l’instant ou la seconde alimente et ne parasite pas la première. L’économie financière peut et doit être le bras armé de l’économie réelle au sens le plus large du terme. La mondialisation exige un certain degré d’échanges de devises entre les états et entre les personnes. Les banques négociant des produits financiers peuvent le faire pour s’assurer et se couvrir des risques potentiellement liés à leurs activités. Une meilleure couverture contre le risque permettra en bout de chaîne de développer une gamme plus intéressante pour la clientèle. Dans ces deux exemples, l’économie financière peut donc se mettre au service de l’économie réelle et être le garant de son bon fonctionnement.

Le problème existe dès lors que ce n’est plus le cas. Lorsque l’échange de flux monétaire devient une finalité et n’est plus un corollaire au bon fonctionnement de l’économie réelle, l’économie financière prend le pas. Jusqu’à dicter ses règles. Si l’on reprend l’exemple de la banque qui cherche à se couvrir contre un risque pour proposer un service meilleur, si la finalité de son action n’est en réalité pas la couverture mais la spéculation sur des produits, elle n’apporte plus à l’économie réelle. En effet, elle préfèrera alors arbitrer pour ce genre d’opérations plutôt que pour le financement des agents économiques. Entrainant sur les marchés nationaux comme mondiaux de très grandes incertitudes.

Le débat entre économie réelle et économie financière n’a donc aucun intérêt en tant que tel. C’est de l’utilisation et des intentions de l’économie financière que découle les bienfaits sur l’économie réelle.

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