Economie : l’Europe une nouvelle fois au chevet de sa monnaie

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Vont-ils enfin s’accorder ? Les Etats européens vont tenter une nouvelle fois ce soir à Bruxelles de s’entendre l’avenir de l’Euro, sur la future gouvernance de la zone Euro et sur la gestion des dettes encombrantes de certains pays membres !… Une réunion qui intervient alors que les marchés obligataires ont connu un regain de tension ces derniers jours, après la dégradation par Moody’s de la notation des dettes souveraines de la Grèce, le 7 mars, et de l’Espagne hier…

Les taux des emprunts d’Etat de la Grèce, du Portugal, de l’Irlande et de l’Espagne ont ainsi bondi à des niveaux record depuis la création de l’Euro en 1999, témoignant d’un retour de la nervosité chez les investisseurs, après une phase d’apaisement depuis la mi-janvier. Quant à l’Euro, après avoir atteint un plus haut depuis 4 mois à près de 1,40$ il y a une semaine, il a redonné depuis plus de 1%, pour revenir à 1,3830$ ce vendredi matin.

Ce soir à Bruxelles, l’Allemagne va tenter d’obtenir l’adhésion des autres pays de l’Eurogroupe à son projet de “pacte pour l’Euro”, une version édulcorée du “pacte de compétitivité” conçu avec la France, mais qui s’était heurté à l’opposition de plusieurs Etats-membres. Le texte final est moins contraignant que l’original et s’articule autour de quatre axes d’action : aider la compétitivité, favoriser l’emploi, raffermir les finances publiques et renforcer la stabilité financière.

De leur côté, la Grèce et l’Irlande vont plaider auprès de leurs partenaires pour une renégociation de leurs plans de sauvetages respectifs, une hypothèse à laquelle Berlin s’oppose catégoriquement. Athènes et Dublin espèrent pouvoir allonger la maturité des emprunts accordés par les pays de l’Union européenne et faire baisser leurs taux d’intérêt…

Mais selon de nombreux observateurs, la réunion de ce vendredi risque de ne pas déboucher sur des avancées concrètes spectaculaires… Ainsi, le futur Mécanisme européen de stabilité financière (MES), destiné à prendre en 2013 la relève du fonds de soutien (FESF) aux pays membres en difficulté n’est toujours pas finalisé et fait l’objet de débats contradictoires. A l’automne dernier, la volonté affichée de l’Allemagne de faire partager aux investisseurs privés une éventuelle restructuration des dettes avait créé le chaos sur les marchés et poussé l’Irlande à demander l’aide de l’Europe… Aujourd’hui, c’est au tour du Portugal de se débattre pour conserver son indépendance financière, malgré des taux d’intérêt atteignant 7,7% sur le long terme, une situation intenable sur la durée !…

En attendant un accord politique, un nouveau sommet européen est prévu les 24 et 25 mars prochains pour finaliser une réponse globale et crédible à la crise persistante de la dette dans la zone Euro… Reste à savoir si les marchés auront la patience d’attendre dans le calme cette nouvelle échéance.

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