Entretien avec Gilbert Weill, PDG d’ANovo : l’augmentation de capital

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Gilbert Weill, ANovo lance une augmentation de capital de 10,9 Millions d’Euros. Après l’échec de celle du mois de juin dernier, qu’est-ce qui a changé dans la société ?

Gilbert Weill : ANovo a terminé son exercice fin septembre avec un progrès très sensible au niveau des résultats, le résultat net étant passé de -16 ME à +11,9 ME. Nous avons en même temps, courant septembre, renégocié la dette avec nos banquiers et avec l’aide de Genesis qui a racheté une partie de la dette.

Aujourd’hui, nous sommes dans une situation financière saine et nous souhaitons nous positionner sur le marché de façon nettement plus dynamique que par le passé, pour retrouver de la croissance et améliorer nos marges.

En quoi l’augmentation de capital est-elle nécessaire, après la restructuration financière de l’automne dernier ?

G.W. : L’accord avec les banques a réduit considérablement les coûts financiers annuels, c’est un élément très favorable pour nous. Mais aujourd’hui, nous ne disposons pas pour autant de ressources internes suffisantes pour pouvoir développer les trois nouvelles offres que nous lançons.

C’est la raison même de cette augmentation de capital. C’est une véritable nécessité pour ANovo d’avoir du cash, de façon à développer rapidement ces trois offres nouvelles.

De quoi s’agit-il ?

G.W. : De relais de croissance importants : les plates formes logistiques, les extensions de garanties et la régénération des produits. Ce sont des activités nouvelles et nous les avons testées dans trois pays différents. Nous souhaitons rapidement les proposer sur l’ensemble des régions où nous sommes présents et pour ce faire, nous avons besoin de cash rapidement, d’où cette augmentation de capital.

Nous sommes sûrs que ces trois activités sont porteuses de résultats pour l’avenir et c’est pourquoi nous souhaitons aller plus vite avec nos propres ressources internes.

Contrairement à l’opération du mois de juin 2009, cette augmentation de capital n’est pas réservée… C’était un point qui avait suscité la polémique…

G.W. : Cette augmentation de capital est accessible à tous nos actionnaires et si pour des raisons quelconques ils n’ont pas les moyens de participer, en vendant leurs DPS, ils récupéreront du cash.

Donc nous pensons raisonnablement que cette opération est saine et devrait faire rentrer du cash dans les caisses d’ANovo pour développer ces trois nouvelles offres. En aucun cas cette augmentation de capital n’est liée au passé. Elle est bel et bien destinée au futur.

Etes-vous confiant dans la validation par l’AG de cette opération ?

G.W. : Depuis l’AG de juin 2009, nous avons écouté nos actionnaires et le scénario d’augmentation de capital que nous proposons est celui qui était soutenu par les actionnaires opposants à la Direction en juin dernier.

Cela veut dire que, cette fois-ci, ils ne devraient pas s’opposer à cette augmentation de capital ? Certains actionnaires semblent pourtant toujours hostiles…

G.W. : Nous avons discuté avec tous nos actionnaires, notamment à travers notre Comité Consultatif. Nous avons déterminé la valeur de 4 Euros par titre avec eux et nous avons décidé que cette opération serait non réservée. Autant de thèmes qui nous étaient demandés par nos actionnaires l’an passé.

Nous devrions donc, je l’espère, réussir à convaincre l’ensemble de nos actionnaires, car cette opération est bonne pour l’entreprise, mais est surtout tournée vers eux, les actionnaires ! Même dans l’hypothèse, que certains redoutent, d’une conversion de créance par Genesis Partners, cela réduira d’autant la dette et aura mécaniquement un impact positif sur le cours de l’action.

La poursuite du désendettement reste aussi un objectif pour vous ?

G.W. : Notre Gearing atteint le niveau de 100%. Nous espérons le faire diminuer à 60 / 80% à l’avenir. Mais je répète : l’augmentation de capital n’a comme seule raison que le développement de ces trois nouvelles offres.

Le retour aux bénéfices s’accompagnait de prévisions assez prudentes à l’automne dernier. Aujourd’hui, fin janvier, qu’en est-il ?

G.W. : Nous restons prudents. La situation économique globale est toujours très incertaine, donc je reste prudent concernant les prévisions, de la même façon que je l’étais en novembre dernier.

Jean de la Villardière, qui détient désormais plus de 15% du capital, est toujours un soutien fort de la direction d’ANovo…

Gilbert Weill : Jean de la Villardiere est un soutien fort de la direction et dans son récent communiqué de presse, il a expliqué qu’il était favorable au projet d’augmentation de capital de la société. Il ne nous a pas dit s’il allait y participer, mais il est favorable à l’opération.

Il s’agit d’un actionnaire important, qui souhaite le rester et a demandé à avoir plus de poids au conseil d’administration. Il a ainsi proposé un administrateur complémentaire et nous sommes favorables à cette nomination.

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