Entretien avec Jean de la Villardière, Premier actionnaire d’ANovo

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Jean de la Villardière, vous appelez les actionnaires d’ANovo à soutenir sa direction lors de l’AG du 30 juin. Pourquoi ?

Jean de la Villardière : Je soutiens le management actuel parce que les résultats sont là… Je pense que le comité de pilotage mis en place avec la collaboration du management porte ses fruits.

Commercialement, ANovo est aujourd’hui un point de passage obligé et souhaité par les constructeurs. A l’avenir, ANovo sera un acteur de plus en plus important dans le domaine de la revalorisation des produits.

Les actionnaires minoritaires dénoncent le fait que l’augmentation de capital soit réservée à Genesis. Ainsi que son prix…

J.d.V. : La structure Genesis n’a jamais souhaité une augmentation de capital réservée ! Monsieur Guilbert a dû s’y contraindre… En effet, la dérogation obtenue auprès de l’AMF, pour éviter que ne soit déclenchée une offre publique, oblige à ce que l’augmentation de capital soit réservée à un actionnaire déterminé.

Au final, la participation de Genesis sera comprise entre 25 et 30%, en fonction de l’exercice des BSA. Le risque pris par Monsieur Guilbert est la preuve qu’il croit en l’avenir de cette société… Le management est là pour l’aider et sauver 6000 emplois.

Comprenez-vous toutefois les préoccupations des actionnaires minoritaires ?

J.d.V. : Nous sommes les premiers préoccupés ! Nous avons les mêmes inquiétudes que les minoritaires…

L’analyse de leurs représentants est la même que la nôtre, elle n’a rien de révolutionnaire : la société est surendettée. Mais réaliser une augmentation de capital ouverte à tous les investisseurs n’est pas possible… Ce n’est pas Monsieur Guilbert qui décide, mais l’AMF.

Il n’y a donc pas de problème selon vous… ?

J.d.V. : La participation du management à l’augmentation du capital posait problème à l’origine. Cela a été réglé pour qu’on ne puisse pas penser qu’il y ait confusion des genres. Le management a compris que cela était interprété de façon négative et s’est spontanément retiré de l’opération…

Le vrai problème c’est que le groupe a besoin d’une augmentation de capital, et aujourd’hui, je ne vois pas d’autres solutions. Ce plan est le bon plan pour l’entreprise.

Le redressement des résultats étant déjà engagé, en quoi cet apport en capital est-il nécessaire ?

J.d.V. : C’est bien parce que le redressement est engagé que cette augmentation de capital est nécessaire ! Elle permettra l’assainissement de la situation financière et de la Trésorerie.. La charge financière sera abaissée.

La baisse de l’endettement permettra aussi de retrouver une notation d’affacturage correcte, en tout cas au niveau de ce qu’elle devrait être pour une société comme ANovo. Enfin, elle permettra peut-être de pouvoir faire face à une renégociation de la dette “RBS”. Je fais confiance à Monsieur Guilbert pour réussir dans cette entreprise.

L’opération est donc nécessaire…

J.d.V. : Elle est essentielle ! Nous avons la chance d’avoir un créancier qui convertit sa dette en actions. Beaucoup d’entreprises rêveraient d’un tel scenario. Il était jusqu’alors réservé à des cas spécifiques, comme Alstom.

Il va devenir monnaie courante dans la vie des affaires car c’est un moyen de pérenniser le bilan de nombreuses sociétés endettées. En votant pour le projet de la direction d’ANovo, nous donnons à l’entreprise un bilan qui reflète le succès de sa stratégie…

Quelles seront les conséquences de cette augmentation de capital pour votre participation ?

J.d.V. : J’achèterai les BSA à 0,8 Euro, ce qui ramènera mon prix de revient à environ 2,80 Euros après exercice.

Jean de la Villardière, faut-il qu’ANovo passe en conseil de surveillance et Directoire ?

Jean de la Villardière : Passer en conseil de surveillance et Directoire pourquoi pas, mais la vraie solution consiste à renouveler le conseil d’Administration. Il doit représenter désormais les actionnaires et être indépendant.

Une chose est sûre : la priorité n’est pas de couper des têtes mais d’asseoir le management et de donner à ANovo les moyens de déployer sa stratégie…

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