Fusion acquisition : Qu’attendre du mariage entre Fiat-Chrysler et PSA ?

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Le 4 janvier dernier, les actionnaires de Fiat Chrysler et de Peugeot-Citroën (PSA) validaient la fusion entre les deux groupes. Le 18 janvier, le titre Stellantis faisait une entrée remarquée sur les places boursières européennes. Mais alors, qu’attendre de la fusion entre les deux groupes ? C’est cette question qui nous guidera tout au long de cet article.

Objectif de la fusion : 5 milliards d’euros d’économie

C’est un secret de polichinelle. En période de crise, le nombre de fusions a tendance à augmenter graduellement. La tendance est alors à la consolidation du secteur et à la diminution de la concurrence. Les acteurs restants sur le marché cherchent à grossir afin de se maintenir à flot pendant la tempête.

Cette fusion intervient donc sous fond d’incertitudes économiques à moyen et long terme mais également dans un secteur en pleine restructuration. En effet, selon le nouveau PDG du groupe Stellantis, l’explosion de la voiture électrique bouleverse considérablement le paysage du secteur. En 2030, celui-ci pourrait représenter plus du tiers du marché automobile mondial. Le développement de la mobilité partagée ou des véhicules autonomes sont aussi des paramètres qui plaident pour un bouleversement du secteur. En renforcant au passage l’intérêt d’une fusion entre les deux groupes.

L’objectif chiffré était connu depuis longtemps. Par leur fusion, PSA et FCA entendent réaliser des économies de synergie à hauteur de 5 milliards d’euros. Pour y parvenir, le groupe cherchera avant tout à mutualiser et mettre sur pied une stratégie efficace d’achat de matières premières. Les plateformes seront également mieux optimisées. Mais les synergies devraient surtout s’opérer sur la mise en place d’une politique commune de recherche et développement. Sur la période de 2021 à 2023, UBS table déjà sur des synergies à hauteur de 3 milliards de dollars.

Cap sur Stellantis : 4ème constructeur automobile mondial

Il s’agit du nom du nouveau groupe né de la fusion. En terme de volume de ventes sur l’année 2019, le groupe qui possède désormais 14 marques différentes (Abarth, Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge, DS, Fiat, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot, Ram et Vauxhall) devient le quatrième constructeur automobile mondial, derrière des poids lourds comme Volkswagen, Toyota et l’alliance entre Renault, Nissan et Mitsubishi. Le groupe est actuellement présent dans plus de 130 pays du monde avec une forte implantation en Amérique du Nord et en Europe. Avec l’ensemble des marques qu’il gère, le groupe est par ailleurs très diversifié sur de nombreux segments automobiles : de la citadine grand public à la voiture de luxe.

Lundi 18 janvier, Stellantis a été introduit en bourse. Pour son premier jour de cotation à la bourse de Paris, le titre a grimpé de près de 7 % pour clôturer à 13,44 euros. Même son de cloche à Milan ou l’action prendra près de 8 % pour clôturer à 13,52 euros. Le lendemain, le titre passe même brièvement la barre des 14 euros dès l’ouverture avant de s’essouffler pendant la journée. A l’occasion de cette même journée, le groupe a été intronisé à Wall Street.

Ce nouveau titre a quelque peu bouleversé les anciens, notamment celui de PSA. Aujourd’hui, les actionnaires de PSA et ceux de Fiat Chrysler détiennent 50 % de Stellantis. La conversion au moment de la fusion entre les deux groupes a été la suivante :

  • 1,7 action Stellantis pour une action PSA
  • 1 action Stellantis pour une action Fiat Chrysler

Du côté des analystes, la tendance est à l’optimisme comme le souligne UBS. Selon la société de services financiers, le savoir faire et l’expérience du groupe dans le domaine des fusions devrait plaider pour lui. En effet, nous pouvons rappeler la fusion entre PSA et Opel ou encore celle entre Chrysler et Fiat. UBS fixe par ailleurs un objectif de cours à 21 euros par actif. La tendance est donc évidemment à l’achat de l’action.

La nouvelle ligne stratégique de Stellantis

UBS le soulignait, la capacité du titre à générer de la plus-value tiendra dans son aptitude à conquérir une partie du marché de l’électrique. Sur ce point, le groupe compte aujourd’hui 29 modèles de véhicules électriques. Ce chiffre devrait être porté à une quarantaine à la fin de l’année 2021. L’axe stratégique de la marque est de pouvoir présenter le plus rapidement possible une version électrique de chaque modèle.

Comme le souligne l’ancien PDG de PSA et nouveau PDG de Stellantis Carlos Tavares, la ligne directrice sera de “bâtir un nouveau leader mondial de la mobilité durable“. Si le groupe est déjà bien implanté en Amérique du Nord et en Europe, le potentiel de croissance pourrait être intéressant sur des marchés comme la Chine, l’Inde, l’Afrique ou encore le Moyen-Orient. Pour autant, le groupe n’entend pas se reposer sur des marchés ou il est déjà très influent. Ainsi, PSA, plus dominant en Europe continuera à y développer son offre tandis que Chrysler devrait avoir carte blanche pour le marché américain. Le groupe parle également de réveiller de belles endormies. Nous pensons inéluctablement à Dodge pour le marché américain et Alfa Roméo pour le marché européen.

Concernant les modalités concrètes de mise en place des synergies, le groupe reste pour l’heure assez flou. Les portes-paroles de la nouvelle entité parlent surtout de rationalisation de l’outil industriel.

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