La fusion Deutsche Börse et LSE dans la ligne de mire de Bruxelles

La Commission européenne de se prononcer, avant mi février 2017, sur le projet de fusion entre la Bourse de Francfort et celle de Londres (LSE).

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Logos : London Stock Exchange & Deutsche Börse

«Nous devons veiller à ce que les acteurs du marché continuent d’avoir accès aux infrastructures des marchés financiers à des conditions concurrentielles. Aussi avons-nous ouvert une enquête approfondie afin d’examiner la concentration envisagée». C’est dans ces termes que la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, déclarée ouverte, mercredi 28 septembre, cette enquête.

Celle-ci devrait permettre à la Commission européenne de se prononcer, avant le 14 février 2017, sur le projet de fusion entre la Bourse de Francfort (Deutsche Börse) et celle de Londres (LSE), déjà mis à mal par le Brexit. «En réunissant les bourses allemande, britannique et italienne, ainsi que plusieurs des plus grandes chambres de compensation européennes, elle conduirait à la création de l’opérateur boursier européen de loin le plus important», souligne un communiqué de la Commission. En effet, LSE gère la Bourse de Londres, la Bourse de Milan, la chambre de compensation LCH Clearnet et la société d’investissements et d’indices américaine Russell Investments. Deutsche Börse gère, quant à elle, la Bourse de Francfort, la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream et la plateforme de produits dérivés Eurex.

L’exécutif européen réservé

L’exécutif européen a énuméré dans le même document ses multiples réserves justifiant l’ouverture de cette enquête. La première concerne les chambres de compensation détenues par Deutsche Börse et LSE. Ces chambres, institutions incontournables des systèmes financiers, garantissent au vendeur et à l’acheteur l’aboutissement de leur transaction, les protégeant ainsi contre le risque que l’une des deux parties n’honore pas son engagement. «La Commission craint à titre préliminaire que la réunion des chambres de compensation ne supprime la concurrence dans plusieurs domaines, parmi lesquels les obligations, les produits dérivés», lit-on dans le même communiqué. La réaction de la Bourse de Londres n’a pas tardé, d’ailleurs, à se faire connaitre, en indiquant peu après l’annonce de l’ouverture de l’enquête, «avoir l’intention d’explorer une vente potentielle de la filiale française» de sa chambre de compensation LCH. Parmi les autres risques pour la concurrence mis en avant par la Commission, ceux relatifs aux marchés des produits dérivés, ainsi que le marché des actions allemandes.

Un sérieux concurrent d’Euronext si ce projet de fusion aboutit

Pour rappel, les ministres des Finances des quatre pays d’Euronext (France, Belgique, Hollande et Portugal) avaient émis des doutes sur les risques concurrentiels de ce projet. En effet, si cette fusion se concrétise, la nouvelle entité serait un concurrent (très) sérieux d’Euronext (Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne).

Par ailleurs, ce projet de mariage annoncé en mars dernier n’est pas le premier de son genre entre Deutsche Börse et LSE. Il est le troisième. La première tentative a été annoncée en 2000 et la deuxième 5 ans plus tard. Les deux ont bien évidemment échoué. Qu’adviendra-t-il au projet actuel ? Qui vivra verra !

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