Inégalités de revenu : l’OCDE sonne l’alarme

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inégalités sociales

Si la crise économique touche plus les ménages aux revenus bas, la reprise quant à elle profite plus à ceux qui ont les plus hauts revenus. C’est ce qui ressort d’une étude récente menée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La principale cause est exprimée clairement par ce document : le manque de partage équitable des fruits de la reprise. Et ce, au point que « les inégalités de revenus sont restées à des niveaux historiques » sur la période 2007-2014.

Le coefficient de Gini

Afin de mesurer ces inégalités, ses experts ont eu recourt au « coefficient de Gini ». Il s’agit d’ « un indicateur synthétique d’inégalités de salaires (de revenus, de niveaux de vie…). Il varie entre 0 et 1. Il est égal à 0 dans une situation d’égalité parfaite où tous les salaires, les revenus, les niveaux de vie… seraient égaux. A l’autre extrême, il est égal à 1 dans une situation la plus inégalitaire possible, celle où tous les salaires (les revenus, les niveaux de vie…) sauf un seraient nuls. Entre 0 et 1, l’inégalité est d’autant plus forte que l’indice de Gini est élevé ».

Ce coefficient de Gini s’élevait en moyenne à 0,318 en 2014 contre 0,317 en 2007 dans les pays développés. Toutefois, cette moyenne voile les inégalités dans chaque pays. Ce qui fait ressortir un point très inquiétant : « si la reprise peut dans certains cas diminuer les inégalités grâce à la baisse du chômage, elle peut également entraîner dans d’autres cas une hausse des inégalités lorsque la reprise profite surtout aux revenus du capital », lit-on dans l’étude.

Des contrats d’embauche accentuant l’inégalité

Selon toujours le même document, « la crise a impacté non seulement le nombre d’emplois mais aussi leur qualité ». Concrètement, les inégalités se sont accrues, dans certains pays, à cause des entreprises qui recourent aux contrats de courte durée et aux temps partiel, comme c’est le cas en Allemagne. Résultat, l’indice de Gini y est passé de 0,285 à 0,292 entre 2007 et 2014. Ce qui est une hausse non négligeable. Même tendance pour la pauvreté chez nos voisins allemands. Son taux est passé de 9% à 9,1% entre 2007 et 2014 après avoir baissé en 2012 à 8,4%. Il reste à un niveau élevé (13,2%) pour les jeunes de 18 à 25 ans en 2014.

Et si en Allemagne, on recourt au contrat de courte durée ou au temps partiel, chez les Britishs, c’est le contrat zéro heure ne garantissant aucun salaire qui a contribué à l’appauvrissement d’une frange de la population active. Les experts de l’OCDE signalent, à cet égard, que « dans certains cas, la faible croissance des salaires a parfois empêché les revenus de pleinement rebondir. C’est par exemple le cas au Royaume-Uni où, en dépit d’une forte création d’emplois (y compris parmi les ménages les plus modestes), la baisse des salaires réels a bridé la croissance des revenus du travail ».

Lien vers l’étude (fichier PDF)

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