Bourse : vers une IPO de Porsche ?

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Sous le giron du numéro 1 mondial de l’automobile, Volkswagen AG, Porsche est l’une des marques emblématiques du groupe allemand aux côtés d’autres entités premium comme Lamborghini ou encore Bugatti. Le groupe comporte aussi des marques plus axées vers le grand public avec Volkswagen mais aussi Seat, Skoda et dans une moindre mesure Audi. Aujourd’hui, nous allons voir pourquoi Volkswagen étudie une introduction en bourse de l’une de ses filiales : Porsche.

IPO de Porsche : une opération à 25 milliards

IPO de Porsche : une opération à 25 milliards 
Ferdinand Porsche, le créateur de la marque est l’ingénieur à la base de la création de la première Volkswagen.

Une introduction boursière (ou IPO) est une opération qui consiste à ouvrir tout ou parti du capital d’une entreprise aux investisseurs du monde entier. Dans le cadre de Porsche, la maison mère Volkswagen envisage de n’ouvrir qu’une partie du capital de l’entreprise aux investisseurs privés.

En effet, Volkswagen entendrait mettre sur le marché l’équivalent de 25 % du capital de Porsche, une opération qui devrait permettre de lever 20 à 25 milliards d’euros. Actuellement, la valorisation de Porsche est estimée aux alentours de 100 milliards d’euros.

Une opération qui pourrait avoir lieu en 2021 mais plus vraisemblablement en 2022. Cette démarche permettrait alors à la maison mère Volkswagen AG de garder un large contrôle sur les activités de sa filiale Porsche.

Le marché de l’automobile : vers une concentration à l’extrême ?

Si une IPO avait déjà été envisagée en 2018 et démentie dans la foulée par Volkswagen, l’hypothèse semble aujourd’hui encore plus crédible à moyen terme. A moins que l’introduction boursière de Porsche ne se trouve directement en concurrence avec celle d’une autre marque du groupe : Lamborghini. Depuis de nombreux mois, les spéculations vont aussi bon train pour une introduction boursière séparée de la marque au taureau.

Le marché de l’automobile est dans tous les cas en pleine restructuration. Avec notamment la concentration du secteur, récemment illustrée par la création du géant Stellantis, résultat de la fusion entre Fiat Chrysler et PSA. Touché de plein fouet par la pandémie mondiale du coronavirus, le secteur automobile a besoin de se restructurer. Si l’heure est plus au regroupement entre entités, Volkswagen pourrait être tenté d’opter pour le pari inverse.

Objectif de l’IPO : financer la transition vers l’électrique

Objectif de l'IPO : financer la transition vers l'électrique 
L’investissement dans le secteur de l’électrique pourrait s’avérer être colossal pour des groupes comme VW.

C’est le sujet bouillant. Dans les années à venir, la course à l’innovation dans l’industrie automobile va se focaliser essentiellement sur les thématiques liées à la voiture électrique. Mais aussi dans une moindre mesure à la voiture autonome.

En se séparant d’une partie de Porsche, Volkswagen entend mener de front la bataille pour l’électrique. Et pour cela, elle aura besoin de nombreux fonds. Des fonds que peuvent lui apporter certaines filiales comme Porsche. Il avait aussi été question pendant un temps d’une introduction boursière de Ducati qui appartient également au groupe Volkswagen AG. Le groupe entend donc financer une partie de sa recherche et développement sur l’électrique via la mise sur le marché de certaines de ses filiales.

Néanmoins, si le groupe Volkswagen AG étudie les modalités d’une introduction boursière de son joyau, celle-ci pourrait être difficile à mettre en place. Pour cela, Volkswagen devra obtenir le feu vert des familles Porsche et Piëch mais également l’aval de la région de Basse-Saxe. Ces freins avaient d’ailleurs grandement joués dans la marche arrière enclenchée par le groupe allemand en 2018 après des rumeurs d’introduction boursière. A cette époque, les familles Porsche et Piëch, qui contrôlent l’empire Volkswagen AG s’étaient trouvées en désaccord sur l’introduction en bourse de la célèbre marque de Stuttgart.

Profiter du rayonnement d’autres actifs de l’industrie automobile

Nul doute que l’entrée en bourse de Ferrari a marqué les esprits dans le secteur de l’automobile. Avec une introduction boursière aux alentours de 40 euros l’unité fin 2015, chaque action vaut aujourd’hui près de 164 euros. Soit une multiplication de près de 4 en l’espace d’à peine plus de cinq ans. L’actif atteignait d’ailleurs son plus haut niveau historique en flirtant avec la barre des 190 euros à la fin de l’année 2020.

Porsche pourrait aussi vouloir s’inspirer de l’action Tesla et de sa capitalisation pharaonique au vue des capacités actuelles de production de la marque d’Elon Musk. En effet, le cours de l’actif de Tesla tient surtout en très large majorité à la croyance des marchés dans la capacité de la marque à devenir extrêmement rentable à moyen et long terme. Une introduction en bourse de Porsche pourrait avoir plus d’attrait pour les investisseurs que l’action Volkswagen. Si l’introduction boursière se confirmait, il apparait clair que Volkswagen souhaite tirer profit de ce levier pour augmenter la capitalisation boursière de son champion.

La nouvelle a été très bien accueillie par les marchés financiers. En effet, l’action Volkswagen a bondi de près de 4 % le jour de l’annonce de l’étude d’une introduction boursière de Porsche. L’action a d’ailleurs atteint son plus haut niveau des 6 derniers mois et retrouve un cours similaire à celui qui était le sien en amont de la crise sanitaire.

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