La finance responsable : Une nécessité du monde de demain

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C’est une volonté de plus en plus partagée par les épargnants et les investisseurs. Les différents baromètres témoignent mois après mois d’une prise de conscience de plus en plus généralisée. Désormais, l’investisseur ne cherche plus uniquement la performance mais aussi l’éthique. A la recherche d’éthique et de durabilité, s’ajoute également une recherche d’une plus grande transparence des consommateurs épargnants. En 2018, une étude menée par UBS sur plus de 5 000 investisseurs concluait qu’ils étaient environ 60 % à considérer que la finance durable et l’investissement responsable seraient les éléments moteurs de la finance du monde de demain.

Investissement responsable : Epiphénomène ou tendance de fond ?

Investir responsable : Epiphénomène ou tendance de fond ?Si ce type de produits existent depuis de très nombreuses années, ils ne connaissent un véritable engouement que depuis quelques années. Et le mouvement semble encore prendre de l’ampleur. Les consciences s’éveillent et la notion de rendement n’est plus la simple variable décisionnelle d’un placement. De nombreux épargnants n’hésitent d’ailleurs plus à sacrifier un peu de rendement si c’est pour privilégier un produit plus respectueux socialement des conditions humaines ou écologiquement de l’environnement.

C’est ce que notent de nombreux gestionnaires de patrimoine ou d’agents bancaires : les investisseurs sont de plus en plus exigeants. Si il y a quelques années, investir dans un fond responsable pouvait être perçu comme une action militante, les différentes évolutions règlementaires, la consensus général sur plus de durabilité oeuvrent à normaliser ce genre de placements.

Il faut dire qu’aujourd’hui, les secteurs responsables sont aussi ceux qui ont le vent en poupe. Et qui peuvent offrir des perspectives de rendement très intéressants. Attirants inéluctablement les investisseurs et les épargnants.

Rendre l’épargnant acteur de son placement

L’épargne responsable commence par cette prise de conscience essentielle. Pour que ce système puisse fonctionner, il nécessite une prise de conscience généralisée des pouvoirs publics mais aussi des épargnants ou des investisseurs.

Rendre l’épargnant acteur de son placement nécessite aussi une plus grande traçabilité et une certaine transparence des organismes bancaires. L’épargnant doit être en mesure de comparer selon des critères environnementaux objectifs les différents produits d’investissement. Si cela est très simple en prenant des variables comme le rendement escompté ou la durée du placement, il devient tout aussi important de pouvoir également le faire sur des variables sociales ou écologiques. Cela est aussi valable pour les fonds d’investissement.

Pour aider l’épargnant, de nombreux labels ont vu le jour ces dernières années. Nous pensons notamment aux labels type ISR (investissement socialement responsable) qui existent depuis 2016. Le label GreenFin permet également de labelliser selon un cahier des charges très strict, les fonds d’investissements qui font le choix de la durabilité. D’autres labels comme Finansol ou CIES permettent à l’épargnant d’y voir plus clair sur certains produits d’investissement.

Aujourd’hui, près de 220 fonds sont labélisés ISR alors qu’une trentaine le sont via le label GreenFin.

L’implication du pouvoir législatif dans l’investissement responsable

Nous citions plus haut les labels comme ISR ou GreenFin. Ces deux labels sont portés par les pouvoirs publics. ISR est en effet porté par le Ministère de l’économie et des Finances tandis que le label GreenFin est une création du Ministère de la transition écologique et solidaire.

La mise en place des critères ESG est aussi portée par les pouvoirs publics. Ils permettent selon plusieurs critères de classifier et de comparer les produits d’investissement :

  • E : Le pilier environnenmental détaille les émissions de CO2, le recyclage des déchets et la consommation électrique
  • S : Il détaille des problématiques sociales comme la formation des salariés, le recours aux personnes handicapées au sein d’une entreprise ou encore la qualité du dialogue social
  • G : Il tient compte de variables de gouvernance comme la transparence de la rémunération de l’équipe dirigeante, la lutte contre la corruption ou encore l’atteinte de la parité au sein des conseils d’administration des entreprises

Les pouvoirs publics oeuvrent afin de légiférer sur ces différents points. Concernant la parité, il est désormais demandé depuis le 1er Janvier 2020 à toutes les entreprises de plus de 250 salariés de présenter un conseil d’administration ou un conseil de surveillance composé à au moins 40 % de femmes.

Zoom sur le projet Goodvest

Goodvest est un projet d’épargne responsable né d’un constat simple. Selon l’ONU, il faudrait investir chaque année près de 2 400 milliards de dollars à l’échelle mondiale dans la transition énergétique. Soit peu ou prou l’équivalent du PIB de l’économie française d’avant crise. Lorsque l’on sait que parallèlement à cela seulement 5 % des français disposeraient de produits d’épargne responsable dans leur portefeuille d’épargne, le marché a de l’avenir.

Goodvest propose une gamme d’investissement permettant de remettre l’investisseur et l’épargnant au coeur de son projet. Avec Goodvest, vous êtes acteur de votre investissement. Ainsi, pour chaque investisseur particulier, il sera possible de choisir dans quels champs de l’économie il souhaitera mettre ses billes.

  • La transition climatique
  • L’eau
  • Les pays émergents
  • L’égalité des genres
  • Les nouvelles énergies
  • La santé

La solution Goodvest joue aussi pleinement le jeu de la transparence avec une mise en lumière des entreprises ou des projets d’investissement choisis (empreinte carbone de l’entreprise, respect de la parité…). Les variables plus classiques comme la prise en considération du profil de l’investisseur pour la constitution de son portefeuille sont également des variables attentivement scrutées. En terme de performance, Goodvest se targue d’apporter des solutions à la fois plus responsables mais aussi plus performantes financièrement pour l’investisseur.

Pour l’heure, le projet en est à sa phase de lancement et devrait être disponible pour le début de l’année 2021. Il est d’ores et déjà possible de se pré-inscrire sur le site.

Quelques exemples d’investissement plus responsables

Comme nous l’avons vu, l’investissement responsable est un investissement qui défend une certaine cause ou se veut être la solution à un problème écologique ou sociétal. En ce sens, l’investissement dans les forêts pourrait être vu comme un investissement responsable puisqu’il permet de sauvegarder un écosystème.

Si l’investissement dans les cryptomonnaies a plutôt mauvaise publicité en ce qui concerne l’impact carbone, notamment du minage, il n’en reste pas moins que de plus en plus de projets cryptographiques intègrent cette donnée dans l’articulation et la construction de leurs blockchains.

Le private equity est aussi une solution pour un investissement plus responsable. Encore faut-il cibler correctement les projets dans lesquels investir. Très concrètement, le private equity consiste à investir au capital d’entreprises non-côtées en bourse. Les fonds de private equity peuvent parfois être porteurs de projets responsables. Il est aussi possible d‘investir dans l’immobilier de façon plus responsable. Notamment à nouveau via des fonds ISR.

Mais étant donné que la finance responsable met surtout l’épargnant au coeur du projet, vous pouvez tout à fait investir de façon plus éthique avec des produits classiques comme un plan d’épargne en actions ou un compte titre. Vous n’aurez alors plus qu’à cibler les actifs que vous jugez les plus responsables, selon votre propre sensibilité et vos propres critères.

Allier rendement et placement responsable : Est ce possible ?

Allier rendement et placement responsable : Est ce possible ?C’est une croyance solidement ancrée. Si c’était la vision du placement responsable d’il y a quelques années, cette tendance tend à se gommer. Il y a une dizaine d’années, les investisseurs faisant le pari d’investir dans des produits plus responsables devaient bien souvent sacrifier une partie de leur rendement.

Si la prise de conscience collective est réelle, les épargnants se tournent aujourd’hui vers l’épargne responsable parce que le niveau de sa rémunération ne souffre plus la comparaison avec les produits dits “classiques”. Les investissements dans la transition écologique, dans les énergies nouvelles sont aujourd’hui des secteurs extrêmement porteurs et aux potentiels d’avenir de plus en plus important. L’explosion de l’action Tesla en bourse sur les derniers mois est une illustration intéressante du phénomène.

En 2019, certains fonds d’investissement ISR comme les fonds mixtes Aviva, Ecofir ou Axa offraient des performances de plus de 20 % de rentabilité. Sur les 430 fonds ISR pris en compte dans l’étude Novafi de 2019, la performance médiane était de 18,8 %. Si les fonds en actions affichent les performances les plus intéressantes (médiane à 25,4 %), les fonds en obligations vertes affichent des performances intéressantes supérieures à 5 % si l’on prend toujours la médiane comme élément de comparaison. Comme pour n’importe quel produit d’investissement, il existe des produits responsables à risque et à rendement potentiellement élevé ainsi que des produits moins risqués mais offrant un rendement potentiel inférieur. Que vous choisissiez entre épargne responsable ou non, l’arbitrage rendement / risque sera toujours présent.

Aujourd’hui, ces produits souffrent encore d’une mise en avant moindre par rapport aux produits dits plus “classiques”.

Votre épargne pollue bien plus que vous ne l’imaginez !

En 2010, un article faisant sensation en comparant l’impact carbone de 10 000 € d’épargne et la possession d’un 4*4. Avec la aussi de grandes disparités entre les banques et les produits d’épargne ou d’investissement. Les chiffres alors avancés par un cabinet de conseil spécialisé dans le conseil en développement durable faisaient froid dans le dos. En moyenne et par français, l’épargne émettait en moyenne 15 tonnes de CO2 par an. La moyenne pour l’ensemble des autres postes (consommation, transport ou logement) ne représentait que 10 tonnes de CO2 par an. La tendance n’a semble t’il pas beaucoup évoluée. C’est donc votre épargne qui représente, certes indirectement, le plus grand poste de consommation de CO2 par an.

De nombreuses études ont depuis vue le jour pour tenter de classer les produits d’épargne et les organismes bancaires selon une grille de lecture plus écologique. Des baromètres classent ainsi les fonds d’investissement ou encore les produits bancaires. Ils permettent à l’épargnant de bénéficier rapidement d’une vision d’ensemble de la situation.

Réduire son impact carbone cela passe aussi et surtout par un choix plus regardant des produits d’épargne ou d’investissement que vous choisirez. A l’échelle individuelle, comparer les offres bancaires et choisir les produits d’investissement les plus vertueux a plus d’impact que l’arrêt de la consommation de viande ou les restrictions des trajets en avion.

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