Economie numérique: La place du télétravail dans l’économie française

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Le confinement imposé par les autorités publiques suite à la propagation du Coronavirus a provoqué de profonds changements sur le marché et le milieu de travail. Au risque de fermeture définitive les entreprises ont dû se réinventer à travers le télétravail. En France, plus d’un tiers de la population active dit avoir utilisé le télétravail au cours des deux mois du confinement. Mais à présent, où en est les salariés français par rapport au « télétravail » ?

C’est quoi le télétravail?

L’article L. 1222-9 du Code du Travail stipule ceci : “Le télétravail désigne toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication”.

Ce télétravail doit être mis en place “dans le cadre d’un accord collectif ou, à défaut, dans le cadre d’une charte élaborée par l’employeur après avis du comité social et économique, s’il existe“.

Le télétravail existait bien avant le Coronavirus en France. Sa proportion n’était pas aussi élevée comme elle l’est avec l’imposition du confinement. Bon nombre de secteurs, surtout les entreprises technologiques pratiquaient le télétravail.  Des réunions par visioconférence, des plateformes de travail automatiques existaient bien avant le COVID.

D’après une enquête menée par Forum Vies Mobiles, seuls 7 % des salariés français pratiquent le télétravail avant le confinement. En 2018, Forum Vies Mobiles a effectué une autre étude sur les conditions de travail en île de France. 45% souhaitent de ses habitants désirent quitter l’île de France pour les rythmes de vie trop stressant, la pollution, le coût de l’immobilier, ou le trafic automobile.

Le télétravail a des effets bénéfiques pour l’environnement. D’après une étude menée par l’Ademe en 2015 sur le télétravail et l’environnement. Le télétravail permet « de réduire d’environ 30 % les impacts environnementaux associés aux trajets domicile-bureau ». L’étude surenchérit en précisant que : « Sur 2,9 jours télétravaillés par semaine, cela représente une économie potentielle de 787 kg de CO2 par individu et par an (contre environ 12,2 t de CO2 au total par individu et par an).

Différence entre Freelancing et le télétravail 

Le travail en freelance, c’est la pratique consistant à effectuer un travail pour des clients en fonction des besoins ou sur une base contractuelle.  Vous n’êtes pas un employé permanent du client.  Vous êtes engagé pour effectuer un travail (ou un groupe de travaux) moyennant un taux de rémunération convenu, après quoi le client peut ou non vous engager pour d’autres travaux à l’avenir.

Contrairement au freelancer, le télétravailleur ou « remote worker » peut avoir un contrat à durée indéterminée avec l’entreprise. Le concept de télétravail présente deux avantages. L’entreprise n’est pas obligée d’offrir un salaire plus élevé à l’employé qui effectue le travail à domicile. Mais l’employé est satisfait car il est épargné des frais généraux en termes de temps passé dans les transports et d’argent.

En 2019, il y avait près de 930 000 freelances en France, soit une augmentation de 145% en 10 ans. Presque chaque année, 50 000 personnes franchiraient le cap du freelancing en France. Dans une étude de malt, 88% de freelances disent ne plus vouloir un contrat à durée indéterminée. 90% de personnes ont déclaré être freelance par choix.

Le télétravail avant le COVID

En France, une étude d’Eurostat en 2018 montre que le pourcentage de personnes qui travaillent à domicile est de 6,6 %. Par rapport aux autres Européens, le travail à domicile semble plus populaire en France qu’en Allemagne (5 %) ou au Royaume-Uni (4,4 %).

La Hollande est le pays dont le télétravail est plus populaire ; 14% de hollandais font du télétravail suivis de la Finlande de 13.3%. La moyenne européenne des personnes qui travaillent à domicile est de 5.2%.

Une étude de Statista a confirmé que le travail à distance gagne de plus en plus de terrain en France. En l’espace de deux ans, la part des travailleurs à distance en France est passée de 25 % en 2017 à 29 % en 2019. Alors que 54 % des salariés interrogés ont indiqué que l’absence de trajet quotidien est le principal avantage du travail à distance, 36 % des salariés sont également intéressés par la flexibilité horaire qu’apporte le travail à distance.

Le télétravail pendant le confinement 

Si globalement près de 40% de la population recourait au télétravail pendant le confinement. Dans une étude réalisée par le ministère du travail avec un échantillon de 14 000 personnes, le secteur de la communication vient en tête avec 63% de salariés dans le télétravail. Après, le secteur de l’assurance et des activités financières s’ensuit avec 55%. L’hébergement est celui avec la moindre proportion de télétravailleurs ; seulement 6% de salariés. La construction, l’industrie agroalimentaire sont au même niveau ; 12% de salariés.

Motivations pour faire du télétravail 

Au-delà du confinement qui obligeait les salariés français de travailler à distance. D’autres facteurs sont aussi prépondérants dans l’analyse du choix des français à télétravailler. Dans une étude menée par l’opérateur de bureaux flexibles, Deskeo sur une population de 2915 personnes, 38% disent faire du télétravail pour gagner du temps dans les transports. 27% pour pouvoir travailler au calme et 19% pour s’organiser plus librement.

Outre l’absence de trajet domicile-travail, une enquête réalisée en 2019 a révélé que le travail à distance permettait aux employés de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie privée (44 %), d’être moins stressés (31 %), d’avoir plus d’autonomie dans leur travail (25 %), d’être plus productifs (19 %) et plus motivés (6 %). Dans la même enquête, 6 % des salariés ont mentionné qu’ils ne voyaient aucun avantage lié au travail à distance.

Le télétravail post confinement

Quoique 85% de ceux qui faisaient du télétravail en France disent vouloir continuer à le faire mais on a constaté une chute de 12% du nombre de télétravailleurs. Qu’est ce qui explique une telle chute après le confinement ?

Le rapport du Cabinet Valoir a démontré que le passage au télétravail pendant la période du confinement a entraîné une perte d’1% de productivité des travailleurs en moyenne. On a remarqué que les travailleurs qui vivent avec des enfants perdaient 2% de productivité et ceux qui vivaient seuls perdaient jusqu’à 3% de productivité. En outre, seulement moins de 10% de personnes interrogées disent ne pas avoir travaillé au-delà de 19h.

En matière d’utilisation de technologie, les employés consacrent seulement 3% de leur temps à des questions de télétravail liées à la technologie. Le rapport du Cabinet Valoir a aussi déclaré qu’il y a uniquement 12% des personnes qui utilisent des outils de collaboration et de partage de documents en ligne comme Slack, Monday.com et Google docs.

La loi et le télétravail 

Récemment, la Ministre du Travail a tweeté : « En zone d’alerte renforcée et maximale, les employeurs et salariés doivent, autant que possible, recourir au télétravail ». Le télétravail est encouragé mais il n’est pas imposé aux entreprises. La Ministre a souligné aussi que le télétravail n’est pas une panacée.

Au niveau légal, on définit les conditions du télétravail. Modifié par Ordonnance n°2017-1387 du 22 septembre 2017 – art. 21, « En cas de circonstances exceptionnelles, notamment de menace d’épidémie, ou en cas de force majeure, la mise en œuvre du télétravail peut être considérée comme un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la continuité de l’activité de l’entreprise et garantir la protection des salariés. »

Pour ce qui est des droits des télétravailleurs, l’ordonnance n°2017-1387 du 22 septembre 2017 – art. 21 prévoit :

D’informer le salarié de toute restriction à l’usage d’équipements ou outils informatiques ou de services de communication électronique et des sanctions en cas de non-respect de telles restrictions ;

2° De lui donner priorité pour occuper ou reprendre un poste sans télétravail qui correspond à ses qualifications et compétences professionnelles et de porter à sa connaissance la disponibilité de tout poste de cette nature ;

3° D’organiser chaque année un entretien qui porte notamment sur les conditions d’activité du salarié et sa charge de travail.

L’avenir du Télétravail en France

Si le nombre des télétravailleurs a reculé de plus de 10 points après le confinement, la proportion reste tout de même intéressante par rapport aux années précédentes. De surcroît, il peut aussi augmenter drastiquement au cas d’une nouvelle vague et que les économies seront obligées de se confiner.

L’avenir du télétravail n’est pas le même pour tous les secteurs. On a remarqué qu’il y a des secteurs comme la communication, le marketing digital et le BPO continueront d’évoluer même sans confinement. D’autres secteurs privilégient le présentiel car il favorise une efficacité supérieure que celle en télétravail.

La seule certitude : le télétravail est devenu une alternative aux espaces de bureaux. Maintenant, quelles technologies les compagnies doivent armer leurs employés pour que le télétravail donne le même rendement ou un rendement supérieur au travail présentiel ?

 

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