Cryptomonnaie : Le débat autour de la consommation énergétique du bitcoin refait surface!

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A l’heure où les questions environnementales reviennent sans cesse au niveau des débats publics, la consommation énergétique du Bitcoin s’ajoute à la liste des cas d’interrogation. En effet, la consommation d’énergie du Bitcoin est estimée à 77,78 TWh par an, soit l’équivalent de la consommation d’énergie du Chili. Cela a soulevé la frustration de plus d’un. Nick Boles, un ancien parlementaire britannique va jusqu’à demander l’interdiction de la cryptomonnaie.

Pourquoi la consommation d’énergie du Bitcoin pose-t-elle autant de problèmes ?

Bitcoin: Le processus de minage Proof of Work est trop énergivore

Pour pouvoir cerner la problématique énergétique du bitcoin, il faut bien comprendre le processus de minage de la cryptomonnaie. Le minage du bitcoin est le  processus aboutissant à la création de nouveaux jetons de bitcoin. Par déformation, on considère le minage comme un processus permettant de créer de nouvelles cryptomonnaies mais en réalité, c’est un processus de validation de bloc au niveau d’une blockchain. Il existe plusieurs procédés de validation de bloc dans le monde de la cryptographie. On peut citer: le Proof of Work (PoW), le Proof of Stake (PoS), le Proof of Authority (PoA) et le Proof of Capacity (PoC). On s’intéressera au Proof of Work.

Le Proof of Work est le procédé utilisé par Bitcoin, Litecoin, et d’autres cryptomonnaies pour valider les blocs au niveau de leur blockchain. Le modèle du PoW est assez similaire au modèle du minage d’or. Les mineurs d’or sont rémunérés en lingot d’or après avoir été les premiers à découvrir la mine. Alors, pour gagner, un mineur doit pouvoir découvrir en premier le bon hash (preuve) du bloc. Cette situation crée une rude concurrence au niveau du minage du bitcoin qui devient de plus en plus un processus sophistiqué et compliqué

En ce qui a trait au PoW du Bitcoin, des calculs complexes et fastidieux sont effectués par les mineurs pour trouver le bon hash du bloc. Ces calculs nécessitent généralement des machines super puissantes pour résoudre l’algorithme. Les machines consomment énormément d’énergies. En l’espace de trois ans, la consommation d’énergie du bitcoin a plus que doublé. Elle est passée de 34.8 TWh en 2018 à 77,9 TWh cette année. 

Mobilisation contre le Bitcoin au nom de la protection de l’environnement

Frank Leroy appelle d’autres hackers à attaquer le réseau de bitcoin.

La consommation d’énergie de la cryptomonnaie a suscité pas mal de réaction notamment d’un opposant farouche du bitcoin, Franck Leroy, qui a appelé les hackers à pirater le réseau de la cryptomonnaie pour défendre le climat. Bloomberg n’a pas été aussi tendre avec le bitcoin sur sa consommation énergétique. Dans un article du journal, “bitcoin est une entreprise incroyablement sale“, ils ont montré que la consommation énergétique est composée essentiellement du charbon et des énergies non-renouvelables.

En fait, la consommation énergétique devient de plus en plus importante au fil des années. La consommation d’énergie du bitcoin compte pour 0.21% de la consommation planétaire. Selon les données de la BECI ( Bitcoin Energy Consumption Index), le déversement carbone d’une transaction bitcoin équivaut à 678 302 transactions visa et 51 008 heures de visionnement YouTube. En rythme annuel, son déversement carbone est de même niveau que celle de la Nouvelle Zélande. 

Jusqu’où pourrait aller ce débat ?

Les cryptos sceptiques vont jusqu’à demander l’interdiction du bitcoin et des autres cryptomonnaies. Pour Franck Leroy et Nick Boles, il faut simplement interdire bitcoin mais utiliser les cryptomonnaies qui sont minées à partir du procédé Proof of State (PoS), moins consommatrice d’énergie que le PoW.

Pendant ce temps, le Bitcoin est à sa plus belle ère sur le marché des marchés. Actuellement, il s’échange contre plus de 49 000$. Son cours a profité de l’effet d’investissement de Tesla qui lui a fait connaître un rebond extraordinaire de 20% après l’annonce de Musk. D’autres grandes entreprises dont notamment Visa étudient la possibilité de miser sur les cryptomonnaies.

D’ailleurs, le débat autour de la consommation énergétique du bitcoin est à relativiser car selon une dernière étude de la responsable de croissance chez Kraken Dan Held, elle a montré que 78% de l’énergie des mineurs à Sichuan proviennent des sources renouvelables. Quoique l’Université Cambridge a été beaucoup plus pessimiste quant à la consommation d’énergie du bitcoin. Elle a dévoilé dans un rapport sur la consommation énergétique du bitcoin que seulement 39% des énergies utilisées dans le minage sont issues des énergies renouvelables.

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