L’investissement vert séduit de plus en plus les gros investisseurs

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Autrefois cantonné à un investissement de conviction, l’investissement vert fait aujourd’hui de plus en plus sens. Il semblerait que les rendements, plus que l’engagement, attirent un nombre croissant d’investisseurs institutionnels. Eux mêmes tributaires des volontés d’investissement des plus petits. Des volontés qui tendent à tenir de plus en plus compte de l’impact environnemental de leurs placements.

86 % des grands institutionnels souhaitent mettre le climat au coeur de leur politique d’investissement 

C’est en tous les cas les conclusions d’une enquête commandée par le gestionnaire d’actifs Robeco. Dans cette enquête menée auprès de 300 des plus grands investisseurs institutionnels, ils étaient 86 % à préciser que le changement climatique était une préoccupation majeure dans leur stratégie d’investissement. Une préoccupation déjà au coeur de leur politique d’investissement ou qui le deviendra dans les 2 ans à venir.

A titre de comparaison, en 2018, le changement climatique était considéré par seulement 33 % des sondés comme une variable déterminante dans la stratégie d’investissement et d’allocation des ressources. Les temps semblent être en train de changer.

Pour matérialiser ce changement, certains institutionnels se focalisent désormais sur des objectifs de neutralité carbone. Si seulement 17 % des investisseurs sondés appliquent déjà ces politiques, ce nombre devrait continuer à augmenter dans les années à venir. D’ici 5 ans, les estimations tablent sur le fait que ce nombre puisse tripler. Ainsi, près de 50 % des investisseurs institutionnels du monde seraient alors concernés. L’application de ces objectifs carbone devrait en premier lieu être visible en Europe mais aussi en Amérique du Nord. Avec environ 60 % des investisseurs. A l’inverse, d’autres régions du globe semblent encore à la traine sur ce sujet. A l’horizon 2025, ils pourraient être à peine 30 % dans la région Asie-Pacifique à appliquer la même stratégie.

Les institutionnels de plus en plus impliqués dans la réduction du changement climatique ?

Les institutionnels de plus en plus impliqués dans la réduction du changement climatique ? C’est ce que laisse à penser l’enquête “2021 Global Climate Survey” commandée par Robeco. Celle-ci met en avant que 42 % des investisseurs n’ont pas encore amorcé de stratégie de décarbonation de leur portefeuille d’actif. Selon le rapport, ce chiffre pourrait diminuer fortement d’ici 5 ans. Pour ne plus représenter que 20 % des investisseurs institutionnels. De ce point de vue, il semblerait donc que les investisseurs aient compris que le coût de l’inaction devenait supérieur à celui de l’action. Les risques climatiques sont aujourd’hui bien intégrés.

Si l’étude tend à montrer que l’implication est grandissante, elle témoigne aussi d’un relatif manque d’informations sur le sujet. Certains sondés semblent montrer des lacunes en terme de compréhension des enjeux. D’autres investisseurs mettent en avant le fait de ne pas savoir comment ni par quelle méthode commencer. Si certains mettent en avant le manque d’expertise dans les stratégies d’investissement décarbonnées, d’autres, notamment en Europe préfèrent souvent pointer du doigt le manque de données accessibles sur la question. Des préoccupations qui semblent légitimes, étant donné l’essor récent et rapide d’une finance plus verte.

Un besoin d’éduquer le grand public ?

Si tout le monde semble prendre conscience des enjeux climatiques, les produits sont encore parfois trop peu demandés. Quelques investisseurs institutionnels utilisent d’ailleurs ce levier comme explication du manque d’investissements durables. Il s’agit d’une variable particulièrement mise en avant par les investisseurs institutionnels américains. Ceux-ci pointent en effet que ces produits sont encore peu demandés par les investisseurs finaux. 

Robeco indique également dans ce rapport que les gouvernements doivent jouer un rôle actif dans la transition. Notamment en facturant beaucoup plus fortement la tonne de carbone. A titre d’exemple et selon la Banque Mondiale, la tonne de carbone est aujourd’hui facturée 2 dollars à l’échelle mondiale. Pour respecter les engagements de l’accord de Paris, il faudrait presque multiplier par 50 le prix. Si les gouvernements peuvent légiférer et règlementer, ils doivent aussi montrer la voie. A la fois au grand public mais aussi aux différents fonds d’investissement et autres investisseurs institutionnels.