Projet de loi de Finances 2016 : l’heure est aux débats et aux règlements de comptes

Le Projet de Loi de Finance 2016 est en cours de débats à l'Assemblée. Débats qui promettent d'être houleux. En effet, niveau "chiffres", le projet de budget donne dans l'approximation et les comptes ne semblent pas y être.

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Loi de finances 2016

Tandis que débute au Palais Bourbon l’examen du Projet de Loi de Finances (PLF) 2016, et que selon la rapporteuse générale du Budget 4 milliards d’économies seraient encore « dans la nature » et manqueraient vraiment pour boucler un budget déjà jugé peu crédible, la France aux 400 variétés de fromages, ingouvernable selon le Général de Gaulle en son temps, continue d’accroître les variétés de « niches fiscales », terme en lui-même peu élégant comme l’a fait remarquer un observateur sur le web, non par l’allusion à la race canine que l’on respecte bien entendu, mais parce qu’une autre appellation aurait sans doute pu être trouvée, sans trop de difficultés, et qui soit mieux appropriée, lesquelles « niches » puisqu’il en est ainsi dépassent maintenant en nombre les fromages, pour atteindre le nombre de 430. Ce faisant, François Hollande se retrouve en porte-à-faux avec ses promesses électorales, qui tendaient à en réduire considérablement le nombre et la portée parce que jugées peu incitatives économiquement ! Or, mais nous ne sommes plus à une contradiction-près, le Gouvernement veut faire notamment du crédit d’impôt pour la transition énergétique le fer de lance de la relance économique susceptible, non seulement de générer des économies, mais de créer des emplois, avec cependant  quelques  maladresses à la clef, comme celle consistant à réduire de 2 000 € à 750 € l’avantage en impôts pour l’acquisition de véhicules hybrides, alors que cette formule c’est l’avenir, à l’heure où le diesel notamment est montré du doigt…

Les rapporteurs de la Cour des Comptes ont déjà leur planning d’établi pour les années à venir, car n’en doutons pas, bon nombre de ces réductions et crédits d’impôts feront certainement parler d’eux dans quelque temps, par rapport à leur rapport coût (pour le Budget)/utilité réelle (pour notre économie). Ces avantages accordés aux contribuables devraient coûter au Budget de l’Etat plus de 80 milliards d’euros en 2016, tandis que  le P.L.F. 2016  se heurte déjà à beaucoup de « chausse-trappes ». Cela « tire » par exemple du côté budgétisation des aides d’urgence (sociales et afin de faire face à l’augmentation des flux migratoires, dont il est d’ailleurs très difficile si ce n’est impossible de prévoir l’évolution à venir, dans les prochaines années).

Côté économies, et réduction des dépenses d’intervention de l’Etat, les 2,7 milliards d’euros annoncés ne sont renseignés et donc vraiment budgétisés qu’à hauteur d’un-demi million d’euros…, sans oublier une augmentation non négligeable du nombre de fonctionnaires, et c’est pire avec la Sécurité sociale, où nous sommes également dans « l’approximation » avec des économies non-renseignées de presque 1,5 milliards d’euros. Michel Sapin a beau présenter ce PLF 2016 comme le budget des « engagements tenus », il ne parvient pas vraiment à convaincre.

Côté recettes le projet non plus n’est pas bien « emballant », car se positionnant sur des hypothèses de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) hautes et,  là aussi, certainement  « approximatives » et plutôt « optimistes », avec des vues à long terme qui ne peuvent être crédibles, pour plusieurs raisons. La première de toutes est politique, et elle tient aux échéances électorales de 2017 et celles qui suivront, qui ne garantissent en rien, ni que le Président de la République actuel se maintienne et effectue un second mandat, ni que quand bien même tel serait le cas, il puisse le faire avec une majorité qui serait la sienne (un retour à une cohabitation est toujours possible), et rien n’indique que même sans cela, il parviendrait à poursuivre dans la voie qu’il s’est tracée, si tant est qu’il soit possible d’en trouver une, car il devra composer avec un monde sans doute encore plus en révolution, encore plus en guerre, il devra se serrer les coudes avec l’Europe pour faire face aux grands dangers de l’immigration massive et en même temps, il sera obligé de tenir compte des soubresauts que peut-être – espérons que non – le pays risquera de connaître avec la très inquiétante montée en puissance de l’Etat Islamique et de Daesch, absolument pas stoppée par les frappes aériennes, ni américaines, ni de la coalition, ni spécifiquement de la France, alors que, effets quasi-inévitables maintenant des phénomènes de réchauffement climatique, tout gouvernement devra revoir sans cesse à la baisse ses prévisions. Face à une telle grande instabilité sociale, confessionnelle, politique, et économique mondiale, et plus particulièrement dans plusieurs points « chauds » du globe, bien malins sont et seront les prévisionnistes qui ne se tromperont pas, dans les mois et années à venir…

2 COMMENTAIRES

  1. Le Projet de loi de Finances 2016 ne fera pas que des heureux. Comme tout projet, certains seront pour et d’autres contre et chacun aura ses arguments sur la question.

  2. Bili, un PLF s’il est prévu une discussion-navette entre le Sénat et l’Assemblée Nationale, c’est pour tenir compte des avis des uns et des autres, et examiner les nombreux amendements qui sont souvent déposés, de toutes tendances politiques. Alors c’est évident, les uns seront satisfaits, pendant que d’autres ne le seront pas. Mais les débats pour ce PLF 2016 se sont ouverts dans un des contextes sans doute les plus difficiles qu’il ait été donné de connaître jusqu’alors, dans une sorte de “chaos”, en tout cas de tiraillements de toutes parts, et de situation financière où la “quadrature du cercle” est quasiment impossible, ou relève du prodige, du miracle pourquoi pas, en tout cas de la “haute voltige” ou des tours de “passe-passe”. Merci pour votre commentaire.

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