Relance économique : Vers une accélération de la campagne de vaccination

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Le week-end dernier, le chef de l’état Emmanuel Macron fustigeait la campagne de vaccination faite au rythme “d’une promenade en famille”. Si la volonté affichée par l’exécutif était à une campagne prudente, les perspectives sanitaires mais aussi économiques peuvent pousser à l’interrogation. C’est dans cet optique que de nouvelles mesures vont être déployées, notamment pour accélérer la cadence.

Quelles mesures concrètes ?

Ce Mardi 5 Janvier, le ministre de la santé Olivier Veran a annoncé étendre l’éventail des personnes considérées comme prioritaire pour la vaccination. Ainsi, le pouvoir exécutif entend faciliter l’accès au vaccin. D’ici à la fin du mois de Janvier, seront considérés comme prioritaires, de nouveaux groupes comme :

  • Les personnes de plus de 75 ans qui ne se trouvent pas en EHPAD.
  • Les pompiers.
  • Les aides à domicile de plus de 50 ans.

Le leitmotiv de cette nouvelle phase, tient en trois mots : amplifier, accélérer et simplifier. En tout, ce ne sont pas moins de 5 millions de personnes supplémentaires qui sont concernées par ce nouveau dispositif. L’objectif affiché est celui de rejoindre le rythme de croisière d’autres voisins européens. Sur une échéance de quelques semaines. Pour faire face à cette accélération de la cadence, l’exécutif fait savoir que les commandes de vaccins devraient augmenter pour la France mais aussi à travers toute l’Europe. D’ici à la fin Janvier, le gouvernement entend ouvrir plus de 600 centres de vaccination qui quadrilleront l’hexagone.

De son côté, la ministre du travail Elisabeth Borne a fait savoir que les entreprises qui participent habituellement aux campagnes de vaccination contre la grippe pourront aussi participer à celle contre la covid. Une mesure qui n’est pour l’heure pas pour tout de suite, la priorité étant laissée aux 15 millions de personnes vulnérables.

Eviter le spectre d’un ou de plusieurs reconfinements

C’est ce que mettent en avant un certain nombre d’experts. Si la France ne parvient pas à atteindre l’immunité collective d’ici la fin du premier semestre 2021, cela pourrait engendrer une série de confinements avec des risques réels d’affecter l’économie, déjà fortement fragilisée.

L’intervention du ministre de la santé va dans ce sens. Dans les prochains jours, les Français qui souhaitent se faire vacciner pourront ainsi prendre rendez-vous. Différents outils pourront être utilisés à ces fins. Le dispositif prévoit l’utilisation de médias comme Internet ou encore le téléphone. L’exécutif étudie par ailleurs la possibilité de passer par l’application TousAntiCovid pour prendre rendez-vous.

Quel coût économique d’une politique vaccinale ratée ?

Quel coût économique d'une politique vaccinale ratée ? Selon l’économiste François Lenglet, ce retard de la politique de vaccination prolongera inéluctablement l’épidémie. Et affectera de facto l’économie. La chute estimée du PIB, d’environ 10 % sur l’année 2020 a pour conséquence une perte sèche d’environ 1 milliard d’euros par jour travaillé. A quoi s’ajoutent près de 500 millions d’euros par jour de déficit public.

Ainsi, bien que la relation ne soit pas totalement linéaire, le coût d’une journée de retard sur la campagne de vaccination a un impact du même ordre sur l’économie française. Si ces chiffres ne prennent pas en considération certains aspects comme le développement du télétravail, ils alertent sur la nécessité économique d’une politique de vaccination efficace. Mais aussi et surtout rapide. Notamment pour ne pas se retrouver décrocher par d’autres pays à la reprise plus évidente comme le Royaume-Uni ou encore l’Allemagne.

Pour ces deux pays, la politique vaccinale est déjà déployée massivement. Comme en attestent les plus de 250 000 personnes vaccinées en Allemagne alors que la barre du million est déjà franchie Outre Manche. Ailleurs dans le monde, les politiques de vaccination sont aussi à un stade plus avancé, que ce soit dans des pays comme la Chine ou encore les Etats-Unis.

Patrick Artus, chef économiste de la banque Natixis, s’inquiète déjà du rebond attendu pour 2021. Si un rebond historique de 6 % est attendu, celui-ci pourrait rapidement devenir illusoire sans un programme vaccinal cohérent et efficace.

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