Peut-on souscrire en toute confiance son assurance-vie par Internet ?

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Assurance sur Internet

Les distributeurs d’assurance-vie par Internet se font peu à peu une place sur un marché ultra dominé par les bancassureurs (60 % de la collecte). Ces contrats « Internet » affichent des performances flatteuses et des frais au plancher, mais peut-on vraiment avoir confiance ? Y’a t’il des frais cachés ? Offrent-ils les mêmes garanties que les contrats “classiques” ? Les assureurs qui les ont créés sont ils solides ? Éléments de réponse.

Assurance sur Internet

Des contrats d’assurance-vie sur Internet ?

C’est en 1999 qu’a été lancé le 1er contrat d’assurance-vie sur Internet, et depuis de nombreux autres contrats sont apparus. Ceux-ci ont pour la plupart un certain nombre de points communs :

  • la souscription se fait par Internet, sans rencontrer de conseiller, même s’il faut au final imprimer et signer le bulletin de souscription et le retourner par courrier
  • la gestion se fait par Internet: arbitrage, rachat, …
  • les frais sur versement sont à 0 %, alors que cela peut aller jusqu’à 5 % sur des contrats « classiques »

Des frais cachés pour compenser les 0% de frais sur versement ?

C’est la première chose à laquelle on pense en général : si les assureurs proposent des frais sur versement à 0 %, alors ils doivent nécessairement se rattraper sur d’autres frais. Tout faux ! Bien au contraire même.

Sur un contrat d’assurance-vie on distingue 3 types de frais:

  • les frais sur versement, qui sont donc à 0 % par Internet (difficile de faire moins;-)
  • les frais de gestion qui se situent dans une fourchette qui va de 0,8 % à 1 % pour la plupart des contrats traditionnels, contre une moyenne de 0,6 à 0,8 % pour les contrats Internet
  • les frais d’arbitrage qui s’élèvent la plupart du temps à 0,5 ou 1 % de la somme arbitrée sur les contrats traditionnels, alors qu’ils sont généralement gratuits pour les contrats Internet

Au final les contrats Internet sont moins chers sur les 3 catégories de frais : il n’y a pas de mauvaise surprise.

Des contrats de moindre qualité ?

Bon alors s’ils ne rattrapent pas sur d’autres frais c’est qu’il doivent proposer des contrats de moindre qualité non ? Et bien ça dépend à quoi on les compare…

Pour moi on peut répartir les contrats d’assurance-vie en 3 catégories:

  • les contrats « grand public » vendus par les banques, les réseaux d’assurance et les groupes mutualistes
  • les contrats « patrimoniaux », distribués par les Conseillers en Gestion de Patrimoine Indépendants et les banques privées
  • les contrats « Internet »

Comparons maintenant ces 3 types de contrats sur 3 éléments qui permettent de juger de la qualité d’un contrat: le fonds en Euros, les supports Unités de Compte et les options de gestion disponibles

Les différents types de contrats d'assurance vie

On peut donc constater que les contrats Internet sont globalement de meilleure qualité que les contrats grands publics mais que les contrats patrimoniaux restent un cran au dessus.

Est-ce plus risqué que de souscrire dans une agence traditionnelle ?

Sur un contrat d’assurance-vie, c’est l’assureur qui est le garant de votre capital. C’est donc sa solvabilité à lui qu’il faut surveiller. Alors, les assureurs Internet sont-ils moins solides que les assureurs traditionnels ? Et bien en fait ce sont les mêmes !

L’immense majorité des contrats d’assurance vie vendus sur Internet sont assurés par quelques grands groupes:

  • e-cie vie, filiale de Generali qui est le 1er assureur vie d’Europe
  • Apicil, groupe mutualiste qui a plus de 70 ans d’existence
  • ACMN Vie ou Suravenir, deux filiales du groupe Crédit Mutuel
  • Siprica, filiale du groupe Crédit Agricole
  • Swisslife

Votre argent est donc déposé dans des établissements solides.

A noter :
Certains distributeurs se font “fabriquer” des contrats dédiés par leurs assureurs partenaires, qu’ils sont donc les seuls à commercialiser à leurs clients et qui sont gérés exclusivement via leur site Internet dédié. Ça peut parfois sembler une option intéressante, mais attention toutefois car en cas de défaillance du distributeur vous seriez bien embêté: plus d’accès Internet pour consulter votre contrat ou procéder à des arbitrages, plus de mises à jour du contrat (ajout de support, ajout d’options de gestion, …). Bref, pas de risque de perdre votre capital si le distributeur disparaît, mais le contrat ne serait sans doute pas intéressant à conserver, ce qui impliquerait donc de repartir à zéro ailleurs….

0% de frais, 0 % de conseil ?

Tout n’est pas aussi simple…

Pour commencer, vous souvenez vous de la dernière fois que votre banquier ou votre assureur vous a appelé pour vous donner des conseils pour votre assurance vie ? Je ne parle pas d’un appel pour vous vendre le nouveau fonds d’investissement maison à la mode, mais d’un vrai conseil. Vous ne vous en souvenez pas ? C’est normal, ça n’est sans doute jamais arrivé ! Ou alors vous avez un banquier hors du commun et vous avez intérêt à croiser les doigts pour le garder;-) Et pourtant vous payez des frais sur versement et des frais de gestion élevés pour avoir un contrat moins performant et sans aucun suivi… Étrange non ?

Pour en revenir aux contrats Internet, le niveau de service est différent selon le distributeur. Certains peuvent vous aider à rédiger votre clause bénéficiaire ou à établir une allocation d’actifs, d’autres non. Mais globalement le service ne sera pas du même niveau que pour des contrats d’assurance-vie patrimoniaux, et l’assurance-vie par Internet s’adresse avant tout à des investisseurs qui sont relativement autonomes.

Alors, faut-il souscrire son assurance-vie sur Internet ?

A mon sens les contrats Internet peuvent être une solution attractive pour des investisseurs qui ont un projet de placement relativement simple, qui sont autonomes et à l’aise avec Internet.

Si en revanche vous avez besoin de conseils personnalisés, d’un suivi ou que vous recherchez des supports d’investissement qui sortent de l’ordinaire alors il faudra passer par des contrats patrimoniaux, plus chargés en frais.

Les contrats grands publics sont eu à éviter : chargés en frais, peu performants et sans suivi ils ne présentent pas de réel atout.

Il y en a donc pour tout le monde et il faut garder en tête que le “meilleur contrat”, celui que tout le monde cherche, n’existe pas ! L’enjeu c’est d’arriver à trouver quel est le contrat qui répondra le mieux à vos attentes et à votre projet personnel. Et ça n’est donc pas forcément le même que votre beau-frère ou que votre voisin puisque leurs attentes et leurs projets ne sont pas identiques aux vôtres.

Benjamin Clavel - Conseiller en Gestion de Patrimoine Indépendant Article rédigé par BENJAMIN CLAVEL

Conseiller en Gestion de Patrimoine Indépendant

Blog : http://www.le-blog-placement.fr/

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