Vers une fusion BNP Paribas et Société Générale ?

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Annoncée la semaine dernière, l’hypothèse d’une fusion entre la première (BNP Paribas) et la troisième (Société Générale) banque française peut pousser certains observateurs à l’interrogation. Y aurait-il des intérêts communs à fusionner ? Quels en sont les principales limites ?  C’est la question que s’est posée la banque américaine Morgan Stanley en analysant de plus près le possible rapprochement des deux banques françaises.

La concentration : une tendance de crise ?

La concentration : une tendance de crise ? Si les fusions ou les acquisitions ne sont pas un phénomène nouveau, elles sont accentuées en période de crise ce qui a pour conséquence de créer plus de concentration dans les secteurs.

La concentration et la consolidation d’un secteur peut par ailleurs s’exprimer aussi par la disparition de concurrents sur un marché, disparitions qui sont également accentuées par les périodes de trouble et d’incertitudes économiques. La crise sanitaire n’échappe d’ailleurs pas à cette règle et bien que les banques fassent figure de poids lourd de l’économie, elles peuvent aussi chercher à réduire leur coût. Du point de vue de la réduction des coûts, la fusion est l’une des options privilégiées par les grands groupes mondiaux.

La banque centrale européenne estimait d’ailleurs il y a quelques semaines que les fusions-acquisitions dans le milieu bancaire pouvaient être une opportunité de doper la rentabilité et la solidité du secteur dans la zone euro.

La création d’un champion mondial français

Avec des bilans respectifs de 2 400 milliards et de 1 500 milliards de dollars, BNP Paribas comme Société Générale font déjà figure de mastodontes dans le paysage bancaire mondial. Les deux entreprises font par ailleurs partie de l’indice de référence français : le CAC 40, qui regroupe les 40 plus grandes capitalisations boursières de la bourse de Paris.

Ces chiffres placent d’ores et déjà ces deux banques à la 9ème et à la 18ème place des plus grandes banques du monde si l’on reprend une classification en terme d’actifs. Le regroupement entre deux acteurs majeurs du système bancaire français aurait pour conséquence de créer un géant dans le paysage bancaire mondial. En effet, une fusion entre BNP Paribas et Société Générale permettrait la création de la deuxième banque mondiale, après la banque industrielle et commerciale de Chine et ses 4 300 milliards d’actifs.

Comment procéder concrètement ?

Comment procéder concrètement ? Si une éventuelle fusion pourrait faire émerger un poids lourd de la finance mondiale, elle pourrait se heurter à un certain nombre de contraintes. Premièrement, concernant les capitaux propres de la nouvelle entité. Les analystes mettent en évidence que le nouveau groupe se verrait certainement imposé une plus grande réserve de capitaux propres, de l’ordre de 3 à 4 % en plus.

Pour d’autres spécialistes, une fusion entre BNP et la Société Générale nécessiterait une forte levée de fonds. De l’ordre de 50 % de la capitalisation boursière de BNP Paribas. Lorsque l’on sait que la capitalisation de la banque est de plus de 42 milliards d’euros, il y a de quoi réfléchir sur la faisabilité et l’intérêt d’une telle opération. La cession d’activités jugées peu rentables pour le groupe pourrait alors être une variable d’ajustement intéressante.

Sur les marchés, les perspectives de fusion ainsi que la révision de doctrine de la banque centrale européenne semblent être bien accueillies. Début Juillet, alors que les rumeurs de fusion dans le système bancaire européen ont commencées à fleurir, le cours des actions BNP Paribas, Crédit Agricole ou encore Natixis se sont envolés. Il en fut de même avec le cours de l’action Société Générale qui gagnait près de 6 %. Si de réelles discussions s’engagent, il y a fort à parier qu’une fusion entre deux grandes banques sera bien accueillie par les marchés.

A l’instar de la fusion entre Engie et le groupe Veolia, le gouvernement français pourrait aussi voir d’un bon oeil un rapprochement concret entre la Société Générale et le groupe BNP Paribas. Affaire à suivre en tous les cas !

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