
Bruxelles hausse le ton
Dans son rapport, lâESRB met en avant un point sensible. Beaucoup de stablecoins circulant en Europe reposent sur une architecture fragmentĂ©e. Cette organisation, en apparence pratique, pourrait vite tourner au casse-tĂȘte en cas de crise de confiance.
Imaginons une vague de retraits massifs : les dĂ©tenteurs voudraient Ă©changer leurs jetons contre des euros ou des dollars. ProblĂšme, les rĂ©serves rĂ©ellement disponibles dans lâUnion ne couvriraient pas forcĂ©ment cette demande. Un scĂ©nario qui ferait vaciller la confiance et donnerait lâimpression dâune panique bancaire.
Cette inquiĂ©tude nâarrive pas au hasard. Les volumes Ă©changĂ©s via USDT, USDC et autres stablecoins battent rĂ©guliĂšrement des records. Leur rĂŽle central dans le trading et la finance dĂ©centralisĂ©e les rend incontournables, mais aussi plus exposĂ©s au moindre choc.
Des rÚgles jugées indispensables
Face Ă ce constat, lâESRB ne veut pas perdre de temps. Ses recommandations vont bien plus loin que le cadre dĂ©jĂ mis en place par MiCA. Bruxelles veut imposer la transparence des rĂ©serves, une couverture en actifs liquides et des rĂšgles uniformes, quel que soit le pays de lâĂ©metteur.
Le message est clair : il ne doit plus y avoir de zones dâombre. Pour les autoritĂ©s, laisser les stablecoins se dĂ©velopper sans garanties solides serait une erreur. Lâexemple de lâeffondrement du TerraUSD en 2022 reste encore dans toutes les mĂ©moires.
Cette fermetĂ© vise aussi Ă rassurer. LâUnion entend montrer quâelle est capable dâanticiper plutĂŽt que de courir derriĂšre les crises. Câest une façon pour lâUE de sâaffirmer comme rĂ©fĂ©rence, comme aprĂšs la crise bancaire de 2008.
Watching: just a rec', not law, but the European Systemic Risk Board is warning against stablecoins issued outside the EU. If EU kills multi-issuance, then stablecoins splinter, fragmenting liquidity. That hurts stables but makes a neutral bridge more valuable. pic.twitter.com/2URLwUfqKE
â WrathofKahneman (@WKahneman) October 2, 2025
Un marché sous pression
Les consĂ©quences sont directes pour les poids lourds du secteur. Tether, avec son USDT, reste lâacteur dominant mais devra prouver que ses rĂ©serves sont non seulement solides mais aussi rapidement mobilisables. Circle, dĂ©jĂ plus transparent, sera lui aussi concernĂ© par ce contrĂŽle renforcĂ©.
Ă court terme, ces exigences risquent de compliquer la tĂąche des Ă©metteurs. Mais Ă plus long terme, elles pourraient aussi leur offrir un gain de crĂ©dibilitĂ©. Cela compterait surtout auprĂšs des investisseurs institutionnels qui hĂ©sitent encore Ă plonger dans lâunivers des cryptos.
LâEurope nâagit pas seule. Au Royaume-Uni, la Banque dâAngleterre considĂšre dĂ©sormais quâun stablecoin largement adoptĂ© doit ĂȘtre traitĂ© comme une monnaie Ă part entiĂšre. Aux Ătats-Unis, la rivalitĂ© entre USDC et USDT alimente un dĂ©bat politique toujours plus intense. En rĂ©clamant des rĂšgles dâurgence, Bruxelles veut Ă©viter de se retrouver en retrait.
Une confiance à préserver
En sâattaquant aux stablecoins, Bruxelles veut avant tout prĂ©server la confiance, condition essentielle Ă leur existence. Ainsi, lâavertissement du 2 octobre marque un tournant : soit ces garde-fous renforcent la crĂ©dibilitĂ© du secteur, soit ils seront perçus comme un frein supplĂ©mentaire. Une chose est sĂ»re, lâEurope ne compte plus rester spectatrice.
Sources : Reuters
Sur le mĂȘme sujet :
