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Thaïlande vs Sam Altman : World forcé d’effacer 1,2 million de scans d’iris

Thaïlande vs Sam Altman : World forcé d’effacer 1,2 million de scans d’irisLa Thaïlande vient de donner un coup d’arrêt inattendu au projet World, soutenu par Sam Altman. Le pays demande l’effacement de 1,2 million de scans d’iris récoltés en un temps record. Une décision qui remet sur la table une question sensible : jusqu’où les projets crypto peuvent-ils aller lorsqu’ils manipulent des données biométriques ?

Le projet stoppé net : une décision qui surprend

Le régulateur thaïlandais estime que World n’a pas respecté la loi nationale sur les données personnelles. Les garanties étaient insuffisantes, la transparence aussi, et le dispositif jugé trop léger pour manipuler des données aussi sensibles que l’iris. Résultat : arrêt immédiat, effacement des bases et mise hors-service des Orb.

World s’est exécuté. Les bornes ont été retirées et la Thaïlande a disparu de la carte des pays actifs. Un retournement rapide, presque brutal, alors que l’adoption locale était fulgurante. Plus d’un million de personnes avaient déjà participé, preuve que le concept séduisait vraiment. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le projet se retrouve dans le viseur des autorités thaïlandaises.

L’entreprise, de son côté, conteste l’analyse du régulateur. Elle assure avoir suivi les règles. Elle dit aussi regretter une décision qui, selon elle, pénalise des utilisateurs. Beaucoup voyaient dans ce système un moyen simple de prouver leur identité sans risque de fraude.

Pourquoi la Thaïlande a décidé de sévir

Les autorités ont pointé plusieurs problèmes. Le premier concerne le consentement : offrir des tokens en échange modifie complètement la motivation des participants. Beaucoup auraient accepté sans réellement comprendre ce qu’ils donnaient. Pour une adresse email, la question se poserait à peine. Mais lorsqu’on parle d’un iris, le risque grimpe immédiatement.

Autre sujet : le flou autour du stockage et du transfert de ces données. Les régulateurs craignent que les scans aient pu quitter la Thaïlande ou être utilisés d’une manière qui n’avait pas été clairement expliquée. Le manque de garanties solides a pesé lourd dans la décision.

S’ajoutent des incidents plus concrets. Certains scanners auraient été utilisés par des intermédiaires payés pour enregistrer des gens à leur place. D’autres bornes auraient été liées à des pratiques douteuses autour d’échanges de crypto. À ce stade, le doute n’était plus permis pour le régulateur : il fallait frapper vite.

Pourquoi la Thaïlande a décidé de sévir

Un revers important pour World, mais pas pour WLD

La suspension thaïlandaise rejoint une série de mesures similaires dans d’autres pays. Depuis plusieurs mois, World évolue en terrain miné. Chaque juridiction applique sa propre interprétation de la biométrie. Pour l’instant, le projet peine à convaincre que ses mesures de sécurité sont suffisantes.

Toutefois, cela ne concerne pas le token WLD qui reste accessible et continue de s’échanger librement. L’actif profite d’ailleurs de l’intérêt croissant autour de Worldcoin. Ce qui disparaît, en revanche, c’est la porte d’entrée principale du projet, à savoir le scan d’iris. Sans cette étape, l’écosystème perd une bonne partie de son sens.

Au-delà du cas World, cette affaire illustre une tension grandissante. Concevoir une identité numérique valable partout se heurte encore aux lois nationales. Certaines sont flexibles, d’autres pas du tout. Dans ce cas précis, la Thaïlande a clairement choisi son camp : la prudence absolue.

La biométrie crypto trouve ses limites

La décision thaïlandaise pourrait bien faire école. Effacer 1,2 million de scans n’est pas une mesure anodine. C’est un avertissement adressé à tous les projets qui misent sur la biométrie pour se développer dans la crypto.

World devra désormais prouver qu’il peut concilier ambition technologique, respect des lois et garanties solides sur l’usage des données. Et si ce n’est pas lui qui s’adapte, ce seront les régulateurs qui trancheront.


Sources : Cointelegraph


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Annabelle Descamps

Annabelle Descamps

Ancienne analyste financière reconvertie dans le journalisme web, je suis aujourd’hui rédactrice spécialisée en crypto-monnaies pour Actufinance.fr. Passionnée par les innovations technologiques et les transformations économiques qu’elles induisent, je décrypte chaque jour l’actualité du Web3, des blockchains, des NFT et des actifs numériques. Mon approche allie rigueur analytique, pédagogie et curiosité, avec pour ambition de rendre l’univers crypto accessible au plus grand nombre sans compromettre la qualité de l’information.

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