À deux semaines du FOMC des 27-28 janvier 2026, les marchés crypto se recalent sur le scénario de taux américain. La Fed communiquera sa décision le 28 janvier, suivie d’une conférence de presse à 14 h 30 (heure de Washington). Dans ce contexte, le bitcoin évolue autour de 90 000 à 92 000 $ début janvier, un niveau qui traduit une forte sensibilité au moindre changement de « price action » sur les rendements et le dollar. Pour anticiper un rebond, trois signaux méritent une surveillance serrée.
Un début d’année 2026 orienté vers le maintien des taux directeurs
Premier point : la fourchette des taux directeurs en vigueur sert d’ancre aux marchés. Au 12 janvier 2026, la borne haute est à 3,75 % (soit une cible typique 3,50-3,75 %). Or, les marchés de taux n’achètent pas qu’un niveau, ils achètent une dynamique : selon le pricing observé sur les contrats, le scénario dominant reste celui d’un statu quo en janvier (probabilité proche de 95 % selon les estimations de marché relayées ces derniers jours).
Deuxième point : comparer cette pente à la boussole interne de la FED, le SEP (dot plot). En décembre 2025, la médiane des participants pour le taux « approprié » fin 2026 ressort à 3,4 %. Autrement dit, la banque centrale projette encore un biais d’assouplissement, mais limité, par rapport au niveau actuel. Pour les cryptos, l’enjeu est simple : si la FED « valide » une trajectoire orientée à la baisse, les actifs sensibles à la liquidité (dont les altcoins) ont historiquement tendance à respirer.
Troisième point : la nuance du communiqué et de la conférence de presse. En décembre 2025, la Fed reconnaissait une incertitude « élevée » et une montée des risques baissiers sur l’emploi. Si, fin janvier, le discours durcit (insistance sur l’inflation, retour du biais restrictif), la réaction la plus probable est une remontée des rendements réels, souvent défavorable au marché crypto à court terme.
Les regards se tournent vers la la liquidité, le QT et la taille du bilan de la FED
Le deuxième signal est moins visible, mais souvent plus puissant : la liquidité en dollars. La FED réduit toujours la taille de son bilan via le quantitative tightening (QT) : depuis avril 2025, le plafond de non-réinvestissement sur les Treasuries a été abaissé à 5 milliards $ par mois, tandis que le plafond sur les MBS est resté à 35 milliards $. Même ralenti, ce mécanisme retire progressivement du carburant au système.
Or, début 2026, le bilan demeure massif mais en décrue : les actifs totaux ressortent à 6 573,6 milliards $ (semaine se terminant le 7 janvier). Pour les cryptomonnaies, la lecture est la suivante : si la FED laisse entendre qu’elle peut amorcer plus rapidement le QE (ou si des tensions de réserves réapparaissent), le marché peut interpréter cela comme une confirmation définitive du soutien implicite à la liquidité, amorcé en décembre, ce qui est souvent haussier pour le bitcoin et, par ricochet, pour le reste du marché.
Signal n°3 : inflation, emploi et dollar, le triptyque qui fait bouger le bitcoin
Troisième signal : les données macro qui tombent juste avant (ou pendant) la fenêtre FOMC. Côté emploi, les derniers rapports mentionnent 50 000 créations en décembre et un chômage à 4,4 %. Un ralentissement plus net de la baisse renforcerait l’idée de baisses de taux en 2026, ce qui détend généralement le dollar et les rendements, un environnement souvent favorable aux actifs crypto.
Du côté du prix, la lecture de l’inflation est compliquée par les perturbations statistiques récentes, mais la dynamique publiée fait état de 2,7 % sur 12 mois pour le CPI (dernière donnée disponible), et la publication du PCE retardé est attendue le 22 janvier 2026. Si ces chiffres confirment une désinflation « propre », le marché peut réévaluer à la hausse la probabilité d’un cycle de baisses, un catalyseur potentiel pour un rebond, surtout si le bitcoin reste solidement au-dessus de la zone 90 000 $.
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