Galaxy Digital, le groupe fondé par Mike Novogratz, s’apprête à lancer un nouveau fonds spéculatif de 100 millions de dollars, mêlant actifs numériques et actions liées aux services financiers traditionnels.
Cette initiative marque une étape supplémentaire dans la stratégie de diversification du groupe, à la croisée de la crypto, de la finance classique et désormais de l’intelligence artificielle. À travers ce fonds, Galaxy cherche à capter les dynamiques de rupture technologique et réglementaire qui redessinent l’écosystème financier mondial.
Un fonds hybride pour naviguer entre crypto et finance traditionnelle
Selon un rapport du Financial Times publié mercredi, Galaxy Digital prévoit de lancer ce hedge fund au premier trimestre 2026, avec une allocation originale : jusqu’à 30 % des actifs seront investis dans les cryptomonnaies, tandis que les 70 % restants cibleront des actions liées aux services financiers classiques.
Le fonds aurait déjà sécurisé 100 millions de dollars d’engagements provenant de family offices, de clients fortunés et de certains investisseurs institutionnels. Galaxy a confirmé qu’il fournirait un investissement d’amorçage (« seed investment »), sans en préciser le montant.
À la tête du fonds, Joe Armao, responsable de la stratégie, explique que cette approche est conçue pour un environnement de marché plus complexe que celui des dernières années, marquées par des hausses unidirectionnelles. L’objectif n’est plus seulement de suivre une tendance haussière généralisée, mais d’identifier précisément les gagnants et les perdants de la transformation en cours des services financiers.
Le fonds cherchera ainsi à tirer profit des bouleversements technologiques et réglementaires, qu’ils proviennent des actifs numériques, de l’essor de l’intelligence artificielle ou de la recomposition des modèles bancaires traditionnels. Cette vision hybride reflète une conviction croissante parmi les grands acteurs : la frontière entre finance décentralisée, finance traditionnelle et technologies avancées devient de plus en plus poreuse.
Une stratégie cohérente avec la mutation récente de Galaxy Digital
Ce nouveau fonds s’inscrit dans une phase particulièrement active pour Galaxy Digital, neuf ans après sa création par Mike Novogratz. Le groupe revendique aujourd’hui environ 17 milliards de dollars d’actifs numériques sous gestion et a enregistré un bénéfice de 505 millions de dollars au troisième trimestre 2025, porté par ses activités de gestion d’actifs, de trading et de banque d’investissement.
Galaxy ne se limite plus à la crypto pure. L’entreprise a engagé depuis plusieurs mois une diversification stratégique, notamment après le quatrième halving de Bitcoin en avril 2024, qui a réduit la récompense par bloc de 6,25 à 3,125 BTC, pesant sur la rentabilité du minage.
Dans ce contexte, Galaxy a obtenu en octobre 2025 un investissement stratégique de 460 millions de dollars afin de convertir une partie de son site de minage au Texas en hub de data centers dédiés à l’IA, en partenariat avec CoreWeave. Cette bascule partielle vers l’IA illustre la volonté du groupe de capitaliser sur des infrastructures énergétiques et informatiques devenues stratégiques bien au-delà de la blockchain.
Plus récemment encore, Galaxy a finalisé un CLO (Collateralized Loan Obligation) tokenisé de 75 millions de dollars sur Avalanche, destiné à financer des prêts à la consommation via Arch Lending. Une opération emblématique de la convergence entre finance structurée traditionnelle et les cryptomonnaies et technologies blockchain.
Le lancement du nouveau hedge fund apparaît ainsi comme une extension logique de cette stratégie globale : exploiter simultanément les opportunités offertes par la crypto, la finance classique et les technologies émergentes, sans dépendre exclusivement de la volatilité des marchés numériques.
À travers ce fonds de 100 millions de dollars, Galaxy Digital confirme son ambition de se positionner non plus seulement comme un acteur crypto, mais comme une plateforme financière hybride, capable d’arbitrer entre plusieurs mondes en pleine recomposition. Une approche qui pourrait devenir la norme pour les grandes institutions financières de la prochaine décennie.
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