À Topeka, le Kansas veut inscrire Bitcoin dans ses mécanismes de trésorerie, sans passer par une ligne budgétaire classique. Le projet de loi, déposé le 21 janvier 2026, crée un fonds public dédié aux actifs numériques « abandonnés », avec une règle clé : le bitcoin ne pourra pas alimenter le budget général. Dans un marché où le BTC évolue autour de 89 131 $ et pèse près de 1 800 milliards de dollars de capitalisation, l’initiative attire déjà l’attention des acteurs de la finance crypto.
Un fonds public alimenté par des actifs numériques abandonnés
Le texte, baptisé SB 352, modifie le cadre des biens non réclamés pour y intégrer les actifs numériques et créer un « Bitcoin and Digital Assets Reserve Fund ». La gestion reviendrait au state treasurer, qui administrerait le fonds et ses flux.
Point central : l’alimentation du fonds ne repose pas d’abord sur des achats de marché, mais sur des revenus générés par des actifs numériques détenus dans ce cadre (récompenses de staking, airdrops, intérêts). Le projet prévoit aussi un mécanisme temporel : après trois ans si l’actif reste non réclamé, certaines récompenses (airdrops ou staking) peuvent être transférées vers le fonds de réserve.
Sur le plan budgétaire, la proposition ménage un compromis chiffré. Le Trésor serait autorisé à créditer ce fonds à hauteur de 10 % de chaque dépôt d’actifs numériques effectué dans la réserve, mais avec une exception explicite : aucun bitcoin ne pourra être versé au budget général, ce qui en fait un actif de long terme, séparé des dépenses courantes.
Un signal politique, entre innovation financière et contrôle du risque
Au-delà de la technique, le Kansas envoie un message : les actifs numériques, et surtout Bitcoin, passent du statut d’objet réglementaire à celui d’outil potentiel de gestion publique. Le mouvement s’inscrit dans un climat américain où les législateurs multiplient les textes sur la crypto, avec au moins 40 États ayant porté des projets liés aux actifs numériques lors de l’année 2025, malgré de nombreux refus ou pauses dans le débat.
L’argument implicite est celui de la diversification : Bitcoin reste un actif volatil, mais sa rareté programmée (plafond à 21 millions d’unités, environ 19,98 millions en circulation) nourrit une narration de réserve face à l’inflation et aux chocs de marché. À court terme, la volatilité demeure tangible (variation intraday d’environ 0,8 % au moment de la publication), ce qui explique la prudence du montage proposé, qui privilégie des flux passifs plutôt que des achats actifs.
Enfin, le dernier enjeu, c’est l’exécution. En effet, le texte encadre la conservation via des dépositaires qualifiés (banques, trust companies, institutions spécialisées), un point crucial après plusieurs années de crises de autour des plateformes crypto. Pour l’industrie, le SB 352 vaut surtout comme précédent : si un État peut isoler Bitcoin dans une réserve publique, d’autres pourraient copier l’architecture, et accélérer l’institutionnalisation de la finance crypto aux États-Unis. Aux porte des 100 000 dollars, cela pourrait propulser le roi des cryptomonnaies vers de nouveaux sommets.
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