Lundi soir, un fait divers glaçant est venu rappeler la montée inquiétante des attaques physiques liées aux cryptomonnaies en France. À Manosque, trois hommes armés et cagoulés ont fait irruption au domicile d’un couple pour dérober une clé USB contenant des données crypto.
L’agression, rapide mais violente, s’inscrit dans une tendance plus large : la France est désormais identifiée comme l’un des principaux foyers européens des crypto wrench attacks, ces attaques visant à soutirer des actifs numériques sous la contrainte.
Agressée à son domicile pour une clé USB crypto
Les faits se sont déroulés dans la soirée, dans une maison située chemin des Champs de Pruniers. Selon les informations révélées par Le Parisien, trois individus masqués ont pénétré au domicile alors que la femme était seule.
Armés d’un pistolet, les assaillants l’ont menacée, ligotée, puis frappée avant de mettre la main sur une clé USB.
Cette clé contiendrait des informations sensibles liées aux cryptomonnaies de son compagnon, absent au moment des faits. Après avoir récupéré l’objet, les agresseurs ont pris la fuite. Malgré le choc, la victime n’a pas été grièvement blessée. Elle est parvenue à se libérer seule quelques minutes plus tard et à alerter les forces de l’ordre.
Une enquête judiciaire a immédiatement été ouverte et confiée aux services de police locaux ainsi qu’à la direction régionale de la police nationale. À ce stade, aucun suspect n’a été interpellé, mais les enquêteurs privilégient la piste d’un ciblage prémédité lié à la détention d’actifs numériques.
La France, nouveau foyer européen des crypto wrench attacks
Ce fait divers n’est pas isolé. D’après la base de données tenue par Jameson Lopp, CTO de la société de sécurité crypto Casa, plus de 70 attaques physiques liées aux cryptomonnaies ont été recensées dans le monde l’an dernier. La France se distingue particulièrement, avec plus de 14 incidents documentés, un chiffre qui en fait un véritable point chaud européen.
Pour les experts en cybersécurité, cette évolution s’explique par plusieurs facteurs : une concentration visible de richesse crypto (fondateurs, traders, investisseurs), un niveau de criminalité déjà existant, et une meilleure compréhension des mécanismes crypto par certains réseaux criminels. Les actifs numériques offrent en effet des avantages considérables pour les criminels : liquidité mondiale, transferts quasi instantanés et perception (parfois erronée) d’une traçabilité réduite.
L’affaire de Manosque intervient également dans un contexte troublant. En juin dernier, un agent du fisc français a été mis en examen pour avoir abusé de son accès aux bases de données fiscales afin d’identifier des détenteurs de cryptomonnaies. Ces informations confidentielles auraient ensuite été transmises à des réseaux criminels, parfois peu avant des cambriolages violents.
Au-delà du fait divers, cette attaque souligne un enjeu majeur pour l’écosystème crypto français : la sécurité physique des détenteurs. Stockage à froid, discrétion publique, séparation des informations sensibles et renforcement des pratiques d’opsec deviennent désormais aussi importants que la cybersécurité elle-même. À mesure que l’adoption progresse, la protection des individus devient le nouveau front de la sécurité crypto.
Sur le même sujet :
- Les prêts garantis par des cryptomonnaies devraient dépasser les 90 milliards de dollars en 2026 : Pourquoi cette couche 2 (Layer-2) de Bitcoin est la nouvelle norme pour la DeFi institutionnelle
- Les flux ETFs Bitcoin dans le vert : les chances d’un bullrun crypto en 2026 explosent
- Voici pourquoi XRP a augmenté de 25% en 2026