La direction du Nasdaq considère maintenant la tokenisation des actions comme une priorité majeure. Matt Savarese, qui dirige la stratégie des actifs numériques, souhaite faire avancer ce dossier « aussi rapidement que possible » dans le but d’obtenir l’approbation de la Commission des valeurs mobilières et des échanges (SEC).
Depuis le 30 novembre, la plateforme renforce ses dialogues avec l’autorité de régulation pour soutenir son projet.
Un dialogue constant avec la SEC pour accélérer le processus
Matt Savarese souligne un aspect crucial : le Nasdaq souhaite progresser en étroite collaboration avec la SEC. L’équipe répond sans délai aux remarques publiques et aux questions techniques du régulateur pour maintenir un rythme élevé. Il soutient que cette approche instaure un environnement de confiance et favorise la progression du dossier sans obstacle.
Le 8 septembre 2025, le Nasdaq a soumis sa proposition. L’intention est claire : faciliter la négociation de tokens qui correspondent à des actions déjà listées. Selon Savarese, cette structure permettrait des règlements plus rapides, une efficacité opérationnelle supérieure et un flux d’informations plus fluide.
Cette initiative est présentée par la bourse comme une progression naturelle de son infrastructure. Pour lui, la tokenisation prolonge le passage vers le numérique entamé des décennies auparavant, lors du basculement du Nasdaq du support papier au commerce électronique.
Dans ce cadre, la société s’efforce de tranquilliser les intervenants traditionnels. Savarese rejette toute notion de révolution radicale, car le Nasdaq aspire à incorporer la tokenisation sans perturber les normes en vigueur. Cette démarche doit s’aligner sur les pratiques habituelles de protection des investisseurs, ce qui constitue l’un des principaux atouts de l’échange pour persuader la SEC.
Une industrie crypto divisée sur l’impact des actions tokenisées
Dans l’écosystème crypto, le sujet divise encore. Quelques fonds tels que Blackrock considèrent cette démarche comme une opportunité de rapprocher les marchés classiques de ceux de la blockchain. D’autres, plus prudents, craignent que ces tokens d’action captent de la valeur sans renforcer les réseaux décentralisés.
Rob Hadick, partenaire chez Dragonfly, partage cette inquiétude. Selon lui, cette dynamique crée une forme de « fuite de valeur » vers les marchés classiques. Il estime aussi que cette évolution affaiblit la compétitivité des blockchains publiques lorsque trop d’investissements se dirigent vers des actifs numériques liés au système financier traditionnel.
Face à ces critiques, le Nasdaq affiche une position nette. L’entreprise veut intégrer la blockchain dans la finance traditionnelle, sans chercher à rivaliser avec les réseaux crypto natifs. Savarese défend ainsi une progression étape par étape, afin que les investisseurs profitent d’une expérience modernisée tout en conservant les standards de transparence et de conformité des marchés actions.
« Nous ne cherchons pas à bouleverser le système ; nous voulons que tout le monde nous accompagne dans cette aventure et que la tokenisation soit davantage intégrée aux pratiques courantes », a-t-il déclaré.
Grâce à cette vision, le Nasdaq met en place un cadre qui encourage une adoption plus large de la tokenisation. L’initiative ne crée pas une rupture, mais prolonge plutôt l’innovation déjà présente dans la finance moderne.
Source : Cointelegraph
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