
Début janvier 2026, le XRP évolue autour de 2,35 $ avec un volume quotidien voisin de 6 milliards de dollars et une capitalisation proche de 143 milliards. Pour renouer avec un sommet historique, le marché regarde une zone de référence comprise entre 3,65 $ et 3,84 $ selon les plateformes et les méthodologies. La question n’est donc pas seulement « quand », mais surtout « avec quels fondamentaux ». Voici trois indicateurs concrets à suivre de près dans les semaines à venir.
Le thermomètre institutionnel : cadres réglementaires, ETF et flux d’allocations
Premier point de bascule, la normalisation réglementaire aux États-Unis a réduit une incertitude majeure autour de l’actif. La clôture du dossier judiciaire a laissé en place une pénalité de 125 millions de dollars et a surtout clarifié la lecture de certaines ventes, ce qui a progressivement rouvert la porte à des acteurs institutionnels plus sensibles au risque de conformité.
Dans ce contexte, le marché a gagné un « canal » de demande plus lisible : les véhicules cotés. Les données disponibles fin 2025 indiquent des entrées nettes cumulées d’environ 1,0 à 1,12 milliard de dollars sur des ETF spot XRP en quelques semaines, avec une dynamique d’entrées quasi continue depuis le lancement de novembre. En Europe, les produits adossés au XRP affichent aussi des encours significatifs, un ETP majeur dépassant 400 millions d’euros d’actifs.
Le signal à surveiller n’est pas l’annonce d’un produit en soi, mais sa traction : rythme quotidien des souscriptions, stabilité des encours, profondeur de marché (spreads, liquidité) et capacité des flux à absorber les prises de profits. Si ces flux accélèrent alors que le prix se rapproche de la zone 3 $, la probabilité d’un test des sommets augmente mécaniquement.
L’usage réel du XRPL : paiements, DEX/AMM, et montée en puissance de RLUSD
Deuxième signal, plus « fondamental » au sens strict : l’activité économique sur le réseau. Sur 2025, des rapports sectoriels font état d’une moyenne autour de 1,8 million de transactions par jour sur certaines périodes, avec une base d’utilisateurs qui s’est élargie au-delà de 7 millions de comptes. Cette granularité compte : un ATH durable se construit plus facilement quand le réseau montre une utilité robuste, pas uniquement une rotation spéculative.
La finance on-chain pèse aussi davantage qu’il y a deux ans. Le XRPL dispose désormais de briques de marché (DEX et AMM natifs) et continue d’évoluer vers davantage de tokenisation et de cas d’usage orientés crédit ou émission d’actifs. En pratique, cela se traduit par des volumes et des comportements observables, comme la hausse des paires disponibles, le nombre d’intervenants uniques, et les montants échangés.
Enfin, la trajectoire de RLUSD est un proxy intéressant de l’ambition « finance régulée » de l’écosystème. La capitalisation de ce stablecoin a atteint environ 1,33 milliard de dollars fin 2025, avec une majorité de l’offre sur Ethereum, mais aussi une part non négligeable sur le XRPL (de l’ordre de 200 à 250 millions de dollars). Si la part XRPL progresse, ou si les volumes de transferts RLUSD montent, cela renforce l’argument d’un réseau utilisé comme rail de règlement, et pas seulement comme actif de trading.
La mécanique d’offre du XRP : escrow, ré-escrow et lecture de la pression vendeuse
Troisième signal, souvent sous-estimé : la micro-structure de l’offre. Le mécanisme d’escrow mis en place prévoit un déblocage pouvant aller jusqu’à 1 milliard de XRP par mois. En soi, ce chiffre impressionne, mais l’élément décisif est la fraction réellement injectée sur le marché.
Les données de suivi on-chain indiquent actuellement environ 34,185 milliards de XRP encore en escrow, une offre en circulation d’environ 65,786 milliards, et un cumul d’environ 14,27 millions de XRP détruits via les frais de transaction. Historiquement, une grande partie des XRP débloqués est ré-escrowée, souvent dans une fourchette de 60 % à 80 %, ce qui limite l’impact net sur la liquidité disponible.
Concrètement, dans les prochaines semaines, le marché surveillera deux choses : la proportion après chaque déblocage mensuel et le comportement des réserves sur les plateformes d’échange. Un scénario favorable vers un ATH combine des flux acheteurs (ETF/ETP) et une offre nette contenue. À l’inverse, une baisse de la part ré-escrowée au moment où le prix teste 3 $ peut freiner, voire invalider, l’élan.
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