Le marché crypto traverse une nouvelle phase de tension. Ce week-end, Minneapolis a été le théâtre d’une nouvelle fusillade mortelle liée à une opération fédérale sur l’immigration.
Au-delà du drame humain, cet événement a déclenché une onde de choc politique à Washington, ravivant le spectre d’un shutdown du gouvernement américain. Résultat immédiat : le Bitcoin a chuté jusqu’à 86 100 dollars, alimentant les craintes d’un nouveau décrochage des actifs risqués.
Bitcoin sous pression : un marché déjà fragilisé
Sur les sept derniers jours, Bitcoin affiche une baisse de plus de 5 %, évoluant sous la zone psychologique des 87 000 dollars. Cette correction intervient dans un contexte déjà tendu : sorties nettes des ETF spot BTC, baisse de la liquidité et sentiment risk-off global. Selon les données DeFiLlama, 117 millions de dollars ont quitté les ETF Bitcoin depuis le début du mois de janvier, marquant le troisième mois consécutif de sorties.

Les analystes du London Crypto Club soulignent que « la demande reste insuffisante pour absorber la pression vendeuse des détenteurs de court terme ». Autrement dit, les investisseurs entrés près des sommets profitent des rebonds techniques pour alléger leurs positions, empêchant toute reprise durable du prix.
La fusillade de Minneapolis a ravivé les tensions politiques autour de la politique migratoire. En réaction, plusieurs sénateurs démocrates ont annoncé leur intention de bloquer le financement du Department of Homeland Security. Sur le marché prédictif Polymarket, la probabilité d’un shutdown fédéral est désormais estimée à 78 %.
Historiquement, ces épisodes sont défavorables aux marchés financiers. Le précédent shutdown de 43 jours en octobre-novembre avait fortement perturbé la publication de données macroéconomiques clés, plongeant les investisseurs dans l’incertitude. Pour les cryptos, cela se traduit par une contraction de la liquidité, un élément crucial pour soutenir les prix dans un marché déjà volatil.
Bitcoin n’est (pas encore) le refuge espéré
Alors que l’or a franchi les 5 000 dollars l’once et que l’argent a dépassé les 100 dollars, Bitcoin n’a pas joué son rôle de valeur refuge. Cette divergence relance le débat sur le narratif du “digital gold”. À court terme, BTC se comporte davantage comme un actif à bêta élevé, sensible aux flux de liquidité et à l’aversion au risque, plutôt que comme un hedge géopolitique.

La faiblesse du dollar américain (-0,5 % sur le week-end) n’a pas suffi à soutenir le marché crypto. Les investisseurs internationaux réduisent leur exposition aux actifs US, un mouvement amplifié par les politiques étrangères offensives du président Donald Trump et ses pressions répétées sur la Federal Reserve.
Malgré ce tableau sombre à court terme, certains signaux restent constructifs. La désinflation progresse, la croissance américaine demeure résiliente et la liquidité mondiale pourrait redevenir plus favorable au second semestre. Pour Bitcoin, la zone 84 000 à 85 000 dollars constitue désormais un support clé à surveiller.
En résumé, les événements de Minneapolis agissent comme un catalyseur de stress, révélant la fragilité d’un marché crypto encore dépendant du contexte macro et politique américain. À court terme, la prudence domine. À moyen terme, toute clarification sur le shutdown ou un retour de la liquidité pourrait offrir des opportunités… mais seulement pour les investisseurs capables de naviguer dans cette volatilité extrême.
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