Alors que le marché crypto peine à retrouver une dynamique claire en ce début d’année 2026, un segment longtemps relégué à l’arrière-plan opère un retour remarqué : celui des privacy coins. En tête de cette résurgence, Monero (XMR), qui vient d’inscrire un nouveau record historique au-dessus des 592 dollars. Une performance qui contraste avec l’hésitation généralisée du marché et qui remet au centre du jeu une narrative souvent jugée incompatible avec la régulation croissante du secteur.
Derrière la hausse de Monero, se dessinent des logiques de rotation sectorielle, des contraintes structurelles de liquidité et, surtout, un regain d’intérêt pour la confidentialité financière on-chain.
Monero inscrit un nouveau sommet et surperforme le marché
Dimanche, Monero a dépassé un seuil symbolique en atteignant un plus haut historique à plus de 592 $, un niveau inédit depuis son précédent cycle haussier de 2018. D’après les données de CoinGecko, l’actif affiche une hausse de 24 % sur la journée et de 40 % sur la semaine, dans un contexte où la majorité des grandes capitalisations évoluent sans tendance affirmée.

Cette envolée s’inscrit dans une dynamique amorcée dès la fin de l’année dernière. À contre-courant du marché global, les tokens liés à la confidentialité ont montré une résilience relative, attirant des flux alors même que l’attention restait concentrée sur Bitcoin , Ethereum ou les narratives liées aux ETF et aux Layer 2.
Si Zcash (ZEC) a largement capté la lumière au quatrième trimestre 2025, avec des mouvements de prix violents et d’importantes liquidations de positions vendeuses, plusieurs acteurs de marché soulignent que la rotation vers Monero était déjà en cours. Plus radical dans son approche de la confidentialité et soutenu par une communauté historiquement engagée, XMR semble aujourd’hui bénéficier pleinement de ce repositionnement narratif.
Pour certains investisseurs, il ne s’agit pas d’un simple rebond opportuniste, mais du retour cyclique d’un thème de fond : la confidentialité comme valeur refuge dans un écosystème de plus en plus transparent par défaut.
Une reprise portée par la narrative privacy, mais freinée par la liquidité
Malgré ce nouvel envol, l’analyse du mouvement de Monero appelle à la prudence. Les privacy coins évoluent dans une structure de marché particulière, marquée par leur absence de nombreuses plateformes régulées. Résultat : la majorité des volumes se concentre sur un nombre limité d’exchanges offshore, où la liquidité est plus fine et plus fragmentée.
Cette configuration rend la découverte de prix moins efficiente et tend à amplifier les variations, aussi bien à la hausse qu’à la baisse. De faibles volumes marginaux peuvent provoquer des mouvements disproportionnés, ce qui invite à relativiser la portée de certaines accélérations à court terme.
Pour autant, les partisans des privacy coins mettent en avant des facteurs structurels de long terme. Le durcissement des contrôles sur les flux financiers, les restrictions croissantes autour de l’usage du cash et la surveillance accrue des paiements numériques alimentent un besoin persistant d’outils garantissant une réelle confidentialité transactionnelle.
C’est dans ce contexte que la narrative privacy refait régulièrement surface, malgré les débats réglementaires qu’elle suscite. Le rallye actuel de Monero illustre cette tension permanente entre contraintes institutionnelles et demande organique pour des solutions souveraines.
En battant un nouveau record historique, Monero ne signe pas seulement une performance de prix : il rappelle que la confidentialité reste un pilier idéologique et fonctionnel de l’écosystème crypto. Si la structure de marché impose la prudence à court terme, le retour en force des privacy coins pourrait bien marquer une nouvelle phase narrative, dans laquelle la souveraineté financière reprend le devant de la scène face à la normalisation progressive de la DeFi.
Sur le même sujet :