Qu’en est-il de la qualité de la dette de la France, et de son statut d’emprunteur privilégié ? Qu’en est-il de la confiance des investisseurs, et de sa place au sein de l’UE ?
Le nouveau Premier ministre français a la lourde tâche de rétablir de la crédibilité dans le budget de l’Etat, car en neuf mois le Budget 2024 et 2025 aura dérapé sous les précédents gouvernements, de 100 milliards d’euros par rapport aux prévisions initiales.
Ce délitement de la qualité de la dette commence à se faire sentir, comme étant le signe d’un déclassement progressif de la dette française. La prime de risque de cette dernière par rapport à la dette allemande varie désormais entre 70 et 80 points de base, plus que l’Espagne, le Portugal ou l’Irlande, mais moins que l’Italie par exemple. L’écart de taux était de 55 points de base il y a un an.
La qualité de la dette publique française est souvent comparée à celle d’autres pays européens, notamment l’Allemagne, l’Espagne et le Portugal. En 2023, la dette publique de la France atteignait 110,6 % du PIB, contre une moyenne de 81,7 % dans l’Union européenne à 27 pays. En comparaison, l’Allemagne avait une dette publique de 63,6 % du PIB, l’Espagne de 107,7 % et le Portugal de 99,1 %.
Une relative confiance des investisseurs internationaux et des agences de notation
Les agences de notation jouent un rôle crucial dans l’évaluation de la qualité de la dette publique. Actuellement, la France est classée comme suit par les agences de notation Fitch et Moody’s.
- Fitch : Aa2 (stable)
- Moody’s : Aa2 (stable)
- Standard & Poor’s : AA- (stable), cette notation reflétant une évaluation positive de la capacité de la France à honorer ses obligations financières, malgré un niveau élevé de dette publique.
Ces notations indiquent que la France est toujours considérée comme un emprunteur privilégié, bien que sa dette soit élevée par rapport à certains autres pays européens.
Un statut d’emprunteur privilégié relativement conservé
La France a réussi à maintenir son statut d’emprunteur privilégié fin 2024, grâce à plusieurs facteurs.
- une stabilité économique : la France a montré une relative stabilité économique malgré les défis mondiaux, ce qui a renforcé la confiance des investisseurs internationaux
- les politiques fiscales et monétaires suivies : les mesures fiscales et monétaires adoptées par le gouvernement français ont contribué à maintenir un environnement économique favorable
- une bonne réputation : la France bénéficie d’une solide réputation sur les marchés internationaux, ce qui facilite l’accès aux financements à des taux compétitifs, même si elle doit souvent payer des taux d’intérêt plus élevés que des pays comme l’Allemagne en raison de sa dette publique plus élevée.
La France n’est pas en matière de dette publique la plus mauvaise élève de l’Europe
Elle n’est pas la plus mauvaise élève de l’Union européenne en termes de taux d’endettement et de statut d’emprunteur, mais elle fait partie des pays avec les taux d’endettement les plus élevés. En effet, en 2024, la dette publique de la France atteint environ 110,8 % de son PIB, ce qui est élevé, mais bien inférieur à celui de la Grèce (159,8 %) et de l’Italie (137,7 %) !
Par ailleurs, la France est l’un des plus grands contributeurs au budget de l’UE, avec une contribution annuelle moyenne de 22,45 milliards d’euros, ce qui montre que, malgré son taux d’endettement élevé, la France joue un rôle très important dans le financement de l’Union européenne.
Conclusion
La France a su naviguer parmi les défis économiques et maintenir son statut d’emprunteur privilégié grâce à une combinaison de stabilité économique, de politiques fiscales et monétaires efficaces, et d’une solide réputation internationale.
Mais bien qu’elle ait réussi à conserver son statut d’emprunteur privilégié, elle doit continuer à surveiller et à gérer sa dette publique pour maintenir cette position. Les efforts du gouvernement pour réduire progressivement la dette par rapport au PIB sont cruciaux pour assurer la soutenabilité financière à long terme.