Le dollar trébuche, la question énergétique reste ouverte en Europe

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Le dollar a subi une forte chute sur la séance du jour face aux autres devises principales en raison de l’inquiétude grandissante des investisseurs vis à vis des prochaines décisions monétaires de la Fed.

Nouvelles mesures de la Banque centrale américaine, un risque de récession ?

Cette dernière espère encore pouvoir faire ralentir une inflation en progression constante depuis plusieurs mois sans pour autant provoquer de récession ; ainsi la Banque centrale américaine devrait procéder mercredi 27 juillet à une quatrième forte hausse de ses taux directeurs, sans doute 75 points de base. Cependant la discussion reste toujours ouverte et les investisseurs restent sur leur garde.

A ce sujet Kathy Bostjancic, cheffe économiste pour Oxford Economics, a déclaré dimanche dernier :

« Les données économiques récentes soutiennent une hausse des taux de 75 points de base, bien qu’une augmentation des taux de 100 points de base puisse être envisagée ».

L’institution doit néanmoins procéder de manière prudente si elle ne veut pas écraser le marché du travail à cause d’un ralentissement économique trop brutal malgré le fait qu’il soit volontaire. Ainsi l’exercice s’apparente à un travail d’équilibre et les marchés affichent une prudence manifeste en attendant les prochaines déclarations.

En conséquence le marché des devises était dans une forme d’agitation ce lundi, et le dollar qui profitait jusqu’alors d’une position privilégiée de valeur refuge a trébuché ce matin en corrélation du renforcement des titres sur les bourses européennes. À 13h10 (GMT+2) la pair EUR/USD est actuellement à 1,0229 et a augmenté de 0,1831 % sur la séance.

L’un des experts du groupe néerlandais ING (AMS: INGA) a déclaré en réaction de la récente performance de l’euro face au dollar :

« Nous pensons que la pair EUR/USD pourrait trouver un point d’encrage aux alentours des 1,0200 et cela pour le reste de l’été, cependant compte tenu de la volatilité actuelle de l’écosystème économique il n’est pas impossible que le marché vienne de nouveau tester la résistance de la pair ».

En outre selon un autre expert du même groupe ; les prochains mouvements de l’euro seront conduits par les futurs plans de la politique monétaire de la Banque centrale européenne ainsi que les données d’inflation de la zone euro dont la publication est prévue pour ce jeudi et ce vendredi.

Neil Jones, directeur général de la filiale américaine de la Banque Mizuho, poursuit en expliquant que le coup de pouce dont profite actuellement l’euro vient potentiellement de certains investisseurs qui ont clôturer leurs positions de “shorting” en euros suite à la décision de la Banque centrale européenne, la semaine dernière, de relever ses taux pour la première fois depuis 2011.

Les marchés toujours secoués par des incertitudes concernant le secteur de l’énergie

En plus de la progression constante de l’inflation que nous avons précédemment évoquée, l’un des problèmes majeurs actuellement traversé par les économies occidentales concerne la hausse des prix de l’énergie. Ce problème impacte en particulier l’Allemagne et vient placer le pays dans dans une situation complexe.

D’après l’institut Ifo de Munich, pour rappel responsable du très influent ifo Geschäftsklimaindex qui est un indice illustrant le moral des patrons en Allemagne, la situation est critique. Le mois de juillet a été plus rude que précédemment anticipé pour le moral des patrons du pays qui vient frapper son point le plus bas depuis deux ans.

De plus un sondage publié jeudi a également montré qu’au moins 16 % des sociétés du secteur industriel allemand allaient baisser leur production en réaction à l’augmentation continue des prix de l’énergie.

La situation est également problématique au Royaume-Uni où le gouvernement est actuellement en train de délibérer sur l’efficacité d’une hypothétique campagne à destination du grand-public. Celle-ci ayant pour objectif d’accompagner la population et d’aider cette dernière à réduire son utilisation en énergie et notamment en électricité, et cela alors que le pays enregistre des records de température.

Une hausse qui n’est cependant pas déplorée par tout le monde puisque des profits records sont attendus pour la majorité des compagnies énergétiques occidentales.

Risque de perte en capital.