Régulation de la DeFi : Les banques centrales y sont favorables !

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Le débat cristallise les tensions depuis des mois. Entre les tenants d’une décentralisation aussi pure que possible et celles et ceux qui considèrent que plus de règlementation pourrait contribuer à une plus grande adoption, le torchon brûle. Quoi qu’il en soit, les principales entités de la finance traditionnelle semblent avoir fait leur choix.

Les banques centrales favorables à plus de règlementation sur la DeFi !

Que ce soit dans les rangs de la BCE avec Christine Lagarde ou du côté de la FED avec Jérôme Powell, on semble très favorable à plus de règlementation dans le secteur de la finance décentralisée. Invités à participer à un panel en ligne organisé par la Banque de France en début de semaine, Christine Lagarde, Jérôme Powell mais aussi Agustin Carstens, directeur général de la BRI (Banque des règlements internationaux) ont pu partager leurs réflexions et leurs visions du secteur de la finance décentralisée (DeFi). Pour les trois représentants, le constat est le même : la règlementation pourrait être salutaire et doit être à tout prix recherchée, notamment dans le secteur de la finance décentralisée. Comme le suggère notamment Carstens, qui met en avant l’instabilité du secteur :

Les applications DeFi facilitent l’emprunt, le prêt et le commerce, mais les intermédiaires sont également exposés aux risques traditionnels tels que les risques de liquidité, de contrepartie et d’effet de levier, et la DeFi n’a pas d’infrastructure pour y faire face.

Selon Jérôme Powell, la récente normalisation de la politique monétaire a permis de relever les problèmes structurels du secteur de la DeFi. Et comme principal problème, le boss de la FED en identifie un : le manque de transparence. Si pour l’heure, Powell considère que les interactions entre système bancaire traditionnel et écosystème DeFi sont encore limitées, il appelle lui aussi à plus de règlementation. Car il estime que ces connexions vont continuer à se développer rapidement.

Quoi qu’il en soit, quel que soit l’endroit où [ces activités de crypto] ont lieu, à mesure que la DeFi se développe et commence à toucher de plus en plus de clients de détail, il y a un réel besoin de mettre en place une réglementation plus appropriée.

Les stablecoins également visés !

En visant la finance décentralisée, les banques centrales visent aussi indirectement les stablecoins. Des stablecoins que Carstens, qualifie de “graisse dans les roues de la DeFi“. Pour les hauts dirigeants de ces institutions, freiner l’expansion des stablecoins pourrait porter le coup fatal au secteur de la DeFi. Et il semblerait que nous ne soyons proches de cette volonté.

Récemment, la règlementation MiCA a beaucoup fait parler d’elle. Pour limiter l’usage des stablecoins, cette règlementation proposait de “rationner le recours aux monnaies stables”. En limitant les échanges quotidiens à 200 millions de dollars pour chaque stablecoins. Une mesure qui a beaucoup fait jaser, surtout lorsqu’on la compare à l’usage réel journalier des stablecoins. À titre d’exemple, sur les dernières 24 heures, le stablecoin USDT, le plus utilisé du marché a vu un volume d’échange de plus de 50 milliards de dollars. Oui, près de 250 fois plus que le plafond imposé. Le législateur a depuis fait machine arrière, en supprimant cette limite sur les stablecoins non libellés en euros. Pour tuer l’écosystème des stablecoins européens, difficile de mieux faire.

Mais la règlementation pourrait se heurter à la réalité de la décentralisation. En effet, le secteur de la DeFi étant, par définition décentralisé, la problématique de la règlementation semble complexe. C’est ce que révèle Ravi Meno, directeur générale de l’Autorité monétaire de Singapour (MAS).

Les actifs numériques n’ont toujours pas la cote auprès des banques centrales !

Si le débat se focalise aujourd’hui sur la DeFi et les stablecoins, force est de constater que les dirigeants des grandes institutions financières gardent une dent contre les actifs numériques comme le Bitcoin. Si le manque de transparence du secteur est souvent mis (à tort) en avant, Christine Lagarde semble presque lui reprocher son succès :

Les cryptomonnaies représentent un phénomène énigmatique qui est passé d’une sorte de battage culturel poussé par les libertaires et promu par Satoshi Nakamoto, à un outil qui est maintenant accepté par Paypal, Visa et Mastercard.

Pour continuer à discréditer le secteur et rappeler la nécessité de la règlementation, Lagarde a également évoqué l’effondrement de l’écosystème Terra. Car si Do Kwon a été sur-confiant et a jeté l’opprobre sur tout un secteur, cela ne doit pas faire oublier que la finance traditionnelle a elle-aussi connue des épisodes de sur-confiance. Avec en point d’orgue, la crise de 2008. S’il semble clair que les institutions souhaitent une règlementation stricte, cette question continue à faire débat au sein de la communauté crypto.