Après l’Inde il y a quelques semaines, un second pays semble aujourd’hui monter au créneau dans la régulation des cryptomonnaies. Il s’agit du Nigéria. Par l’intermédiaire de sa banque centrale, l’état le plus peuplé d’Afrique entend bien contrôler et restreindre encore leur utilisation. Pour les nigérians, il s’agit d’une problématique de premier ordre, les cryptomonnaies étant utilisées en premier lieu pour se protéger de la hausse des prix et de l’instabilité du naira.
Le Nigéria : un pays moteur dans le monde des cryptomonnaies
Le Nigéria regroupe un certain nombre de critères qui font du pays un utilisateur à grande échelle des cryptomonnaies. Tout d’abord, le pays est très peuplé, avec plus de 200 millions de personnes. Il est également en proie à des difficultés sur le plan économique, avec la dévaluation de la monnaie locale : le naira. C’est dans ce contexte, qu’un grand nombre de nigérians utilisent la cryptomonnaie comme une couverture contre l’inflation. En février, l’inflation a atteint son plus haut niveau depuis 4 ans, avec plus de 17 %. De plus, le Nigéria est un pays assez jeune, avec un public qui a grandit avec l’essor des cryptomonnaies. En 2020, au Nigéria, l’âge médian est d’à peine plus de 18 ans.
Ces trois facteurs font du Nigéria, un membre récurrent du top 10 des pays utilisant le plus massivement les cryptomonnaies au monde. Sur la plateforme Paxful, le pays est d’ailleurs le deuxième pays le plus actif en ce qui concerne l’échange de Bitcoin, avec près de 500 millions d’euros échangés au cours des cinq dernières années. Seul les Etats-Unis affichent un volume de transactions plus important.
Selon une enquête menée en 2020, le Nigéria est même le pays au monde avec le plus d’utilisateurs de cryptomonnaies. En 2020, 32 % de la population aurait utilisé les monnaies virtuelles. Si les volumes sont plus faibles que dans certains pays comme les Etats-Unis, l’adoption des monnaies numériques y semble beaucoup plus largement développée. En terme de volume, le pays se trouverait à la troisième place, derrière les Etats-Unis et la Russie.
Quelles mesures concrètes seront mises en place ?
En réalité, l’interdiction d’utiliser les cryptomonnaies ne date pas d’hier. L’utilisation des actifs numérique est en effet interdite depuis 2017. Mais la Banque centrale nigériane (CBN) semble vouloir encore serrer la vis. Elle pourrait désormais demander aux banques commerciales d’identifier les personnes et les entités qui possèdent des comptes en cryptomonnaies et que ceux-ci soient fermés.
Il a ainsi été demandé aux banques de cibler les virements émis et reçus depuis les plateformes d’échange. Ces plateformes permettent en effet de changer des cryptomonnaies contre la monnaie fiat locale, le naira. Les utilisateurs des services bancaires risquent la fermeture des comptes concernés en cas de virements émis ou reçus depuis l’une de ces plateformes.
En limitant l’utilisation et le recours aux cryptomonnaies, le Nigéria entend reprendre le contrôle sur sa politique monétaire. En même temps que le pays cherche à limiter le financement d’activités illégales comme le terrorisme ou le blanchiment d’argent.
Quel impact sur le cours des principaux projets cryptos ?
En dépit du poids du Nigéria dans le monde des cryptomonnaies, il semblerait que ces annonces n’aient pas eu d’effet direct sur le cours de Bitcoin ou sur le cours d’Ethereum. Les deux principaux projets de cryptos semblent même sur la pente ascendante lors de la dernière semaine.
Il faut dire que la nouvelle n’avait pas de quoi ébranler le cours des projets cryptos. En effet, il n’y a eu aucun changement ou modification de la législation. La banque nigériane a simplement rappelé la législation déjà en vigueur. Lors des derniers jours, la banque centrale nigériane a même précisé son point de vue en précisant alors qu’elle souhaitait avant tout « interdire les transactions en monnaies virtuelles dans le secteur bancaire ».